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"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

jeudi 28 février 2013

Un grand homme vient de nous quitter...


Stéphane Hessel est décédé hier à l'âge de 95 ans. Né à Berlin le 20 octobre 1917, l’année de la révolution soviétique comme il aimait à le rappeler, dans une famille juive convertie au luthéranisme, il arriva en France en 1925. Fils d’une véritable héroïne de roman puisque sa mère fut le modèle de Catherine dans « Jules et Jim » (l’histoire d’une femme aimée par deux amis que Truffaut porta à l’écran) et d’un père qui traduisit Proust en allemand, il fut naturalisé en 1937. Entré à Normale Sup en 1939, parlant couramment le français, l’allemand et l’anglais, imprégné des écrits de Sartre, il était alors un parfait exemple de l’intellectuel européen.

Mobilisé en 1939 et fait prisonnier en 1940, il réussit à s’évader et il rejoignit en mai 1941 le Général de Gaulle à Londres. Envoyé en mission en France en mars 1944, il fut arrêté quelques mois plus tard, torturé et déporté à Buchenwald où il échappa à la pendaison en échangeant son identité avec celle d’un prisonnier mort. A Dora ensuite, il échappa également à la pendaison. Enfin, lors de son transfert vers Bergen-Belsen, il parvint à sauter du train et à rejoindre les lignes américaines à Hanovre, d'où il fut envoyé à Paris.

Admis, en novembre 1945, au concours des Affaires Etrangères, Stéphane Hessel fut affecté au Secrétariat général de l’ONU où il participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Il occupa ensuite les fonctions d’ambassadeur de France à l'ONU, puis de diplomate à Saïgon, Alger, Genève et New York. Élevé à la dignité d'ambassadeur de France par François Mitterrand en 1981, il milita pour les sans-papiers – il fut médiateur lors de l'occupation à Paris de l'église Saint-Bernard – et pour les Palestiniens, ce qui lui valut les foudres des associations juives. Cela ne l’empêcha pas d’être promu grand-officier de la Légion d'honneur en 2006.

Homme de lettres passionné de Verlaine et de Baudelaire, Stéphane Hessel publia la même année O ma mémoire : la poésie, ma nécessité. Egalement engagé en politique, il suivit Pierre Mendès-France puis apporta son soutien à Michel Rocard en 1985 avant de se  présenter en 2010 en position inéligible sur les listes d'Europe Ecologie. La même année, il écrivit le manifeste « Indignez-vous » pour appeler la jeunesse à refuser l’indifférence. Véritable best-seller publié à 4 millions d’exemplaires, cet ouvrage reçut un accueil enthousiaste en France, mais aussi en Espagne, en Grèce et à Wall Street où il a été brandi lors de divers mouvements de protestation. Une fin en apothéose pour cet homme de gauche qui a passé toute sa vie à défendre les droits de l’Homme ! Que l’hommage qu’il mérite lui soit rendu...

Laurent Bouvier



mercredi 27 février 2013

Les effets destructeurs du chômage de longue durée


Les chiffres du chômage pour le mois de janvier sont tombés hier. Disons-le tout net, ils ne sont pas bons ! Avec une hausse – la 21ème consécutive – de 1,4 % pour les demandeurs d’emplois de catégorie A, ce sont 3.169.300 personnes qui n’ont exercé aucune activité salariée au cours du mois écoulé, soit 43.900 de plus qu’en décembre et 10,7 % de plus qu’il y a un an. Certes, le record absolu de 3.195.500 atteint en janvier 1997 n’est pas encore battu, mais à ce rythme là, ce devrait être chose faite d’ici un à deux mois seulement ! Une vraie catastrophe, d’autant qu’en tenant compte des personnes exerçant une activité réduite, le nombre des demandeurs d’emplois a progressé de 60.800 personnes le mois dernier pour atteindre 4.680.200 et même 4.967.500 en intégrant l’outre-mer qui n’a aucune raison d’être comptabilisée à part. Dans les Ardennes, la situation n’est pas meilleure puisque si la hausse a été légèrement inférieure à la moyenne nationale le mois dernier avec + 1,3 % pour la catégorie A, soit 16.297 personnes, elle est nettement supérieure sur l’année avec un bond de 12,3 %. La situation est donc plus qu’inquiétante, elle est véritablement alarmante, d’autant que derrière la sécheresse de ces statistiques, ce sont des vies qui se retrouvent brisées par les effets destructeurs du chômage, surtout lorsque celui-ci devient de longue durée - ce qui est le cas de 1.847.600 personnes inscrites à Pôle Emploi – comme le montre parfaitement l'excellente vidéo ci-dessous :


Laurent Bouvier

mardi 26 février 2013

Paradoxe et compétitivité...Mais je rêve !

Dans une étude de l' INSEE analysée par l' Observatoire des Inégalités, il apparaît que les cadres supérieurs  ont plus de congés que les ouvriers. Cela est fort singulier car dans la conjoncture actuelle où il est d'actualité de revenir sur les acquis salariaux par l' ANI  (Accord National Interprofessionel),  à une époque où le gouvernement accable les travailleurs avec un accord de flexibilité et de compétitivité ultra-libéral soutenu par le patronat et les cadres sup., nous voici dévoilé la perfidie des classes dirigeantes.  Nous découvrons que les cadres supérieurs ont bénéficié de l'accord des 35 heures qu'ils ont pourtant si bien combattu. En effet là où pour les ouvriers et  les moins qualifiés  en particulier, le temps de travail s'adapte à l'activité et ne dépasse pas les 35 h, les cadres supérieurs bénéficient de demi-journées ou journées complètes de repos ou de jours de congés complémentaires.  Alors cessons de montrer du doigt les plus faibles et ouvrons les yeux sur la vérité! Ce ne sont pas les pauvres qui coûte cher à la société mais la pauvreté, engendrée par le capitalisme et les rentiers qui confisquent  les richesses ! Même si les cadres et le patronat déclarent avoir des journées de travail plus longues que les ouvriers, n'oublions pas que dans l'étude en question , on ne parle pas des avantages en nature (voiture luxueuses de fonction, frais divers payés par l'entreprise), ni de ces fameux séminaires "d'études"  prétexte pour les entreprise à  payer des vacances dans des complexes luxueux dans des pays exotiques ou régions touristiques à ses cadres sup.  sur le dos des ouvriers et en fraudant le fisc, faisant passer la note en frais généraux... . Remarquez qu'aucun de ces fameux séminaires  ne se déroule à Béthune, Roubaix ou Givet. N'oublions pas aussi qu'il faut bien aussi une justification entre les écarts de salaires et qu'il serait normal que gagnant plus, les cadres et patrons travaillent plus sans que cela ne choque personne. Alors oui, dénonçons cette imposture et cette ignoble attitude digne de l'ancien régime ! INDIGNONS NOUS ET RÉVOLTONS NOUS CITOYENNEMENT EN REJOIGNANT LE PARTI DE GAUCHE !



Cartiaux Michel

lundi 25 février 2013

Expérience de Pessac, une voie solidaire pour en finir avec le mal-logement !

c4.jpg1945, La France manque cruellement de logement ( 5 millions) , la population manque de moyen et pourtant c'est là que l'imagination ouvrière fondée sur le courage et la solidarité va trouver une solution collective à cette pénurie. Inspirés par une expérience d'entre les deux guerres, initiée par l'ingénieur Georgia Knapp qui s'appuya sur la loi Loucheur(*) de 1928, 150 ouvriers créerent une coopérative d'habitants. En unissant leurs efforts et leurs moyens, ils bâtirent à Pessac une cité collectivement afin d'accéder individuellement à un logement décent. Je vais tenter de répondre succintement à toutes ces questions que nous sommes en droit de nous poser: Qui étaient ils, comment ont ils trouvé les moyens, le temps pour y parvenir, quels exemples cela a t il suscité, et que pourrait on en tirer comme leçon aujourd'hui pour demain ?
c1.jpgLes personnes participants à cette aventure étaient des jeunes qui selon leurs professions oeuvraient à la réussite de la cité. Menuisiers, maçons, électriciens, plombiers, comptables, dessinateurs industriel, ... chacun tenait une place égale mais indispensable car selon le principe que l'union fait la force, l'unité mène à la réussite. Ils étaient pour la plus grande part des militants syndicalistes ou politiques proche des idées du PCF. Ce qui leur attira l'hostilité de la mairie de "droite" refusant le raccordement en eau de la nouvelle cité, les obligeant à construire en plus des habitations un château d'eau ! Motivés par la solidarité et l'espoir d'un monde meilleur, ils élevèrent même une bibliothèque. Ceci est remarquable mais l'argent étant le nerf de la guerre, comment ont il pu bien faire?

Les banques n'auraient jamais participé à un tel projet hier et encore moins aujourd'hui sans l'argument suivant,c2.jpg l'apport travail, un concept révolutionnaire qui se définit comme suit:
pendant trois ans, les 150 ont consacré 24h de travail par mois (soit tous leurs dimanches) et deux semaines de congés par an à bâtir les 150 maisons et leurs équipements. Une organisation collective a été mise en place pour que chacun participe bien à hauteur des engagements.
Ce principe fut par la suite reconnu par le ministre de la reconstruction, Monsieur Claudius Petit, le 12 août 1952 par une circulaire officielle intégrée dans la législation des HLM.
Il ne manquait plus que ces deux paramétres pour réussir, le Courage et la Volonté, ce dont ils ne manquaient pas. Le courage de travailler dur en renonçant à tous loisirs et la volonté de rester soudé, ce à quoi leur investissement politique ou syndical les avait préparé.
c3.jpg Tous leurs efforts furent couronnés d'un succés tel, qu'ils servirent de modèles à d'autres initiatives de ce genre à Montreuil, Villeurbanne, Lyon...A Noisy-Le-Sec, des problèmes de cohabitation, des tensions et des querelles éclatèrent certainement dus à ce que les ouvriers présents n'appartenaient pas à une formation syndicale ou politique et par conséquent n'en possédaient pas les valeurs qu'elles prônent. Leur union n'était qu'un " mariage d'intêret".
Les logements, plus grands que la moyenne, comportant toutes les commodités, respectant les dernières normes en vigueur, employant des procédés nouveaux, étaient attribués par tirage au sort (suivi parfois de quelques changements à l’amiable).
Le déclin de ce mouvement solidaire intervient déjà vers 1955, avec le lancement par le gouvernement du programme des grands ensembles(HLM )
Qui aujourd'hui se souvient de cet épisode de la reconstruction d'après-guerre et quels enseignement en tirer ?
c5.jpg Depuis, la loi Chalandon de 1971 a abrogé la loi de 1947 (**) sur la coopération : le statut de coopérative d’habitant n’est plus reconnu.Un projet de loi a été porté par Noël Mamère en 2009 rejeté par l’assemblée nationale . Et pourtant..., des expériences de coopératives d’habitat se développent et montrent que des pratiques d’habitat collectif sont encore possibles et vivantes (Habicoop à Lyon et Villeurbanne). Dans le respect du grenelle de l'environnement et dans la continuité de l'action "un toit pour tous" mené par le DAL , Le Parti de Gauche de la Pointe réclame une réquisition des friches et des terrains pour construire de maisons écologiques basse-consommation avec des matériaux bon marché ! Le PG/La Pointe réclame la réquisition des immeubles vides et des maisons saisies par les banques pour loger décemment des familles à la rue ou logées dans des réduits immondes à des prix prohibitifs par des propriétaires voyous

(*)Les particuliers pouvaient emprunter à taux réduit afin d'acheter un terrain et d'y faire construire un pavillon ou une maison. Tout en laissant chaque propriétaire libre de choisir l'entrepreneur, le matériau et le plan de sa future maison, l'État mandate un de ses architectes pour suivre et vérifier la qualité de la construction.
(**) article 1 de la loi du 10 septembre 1947 sur la coopération :
« Les coopératives sont des sociétés dont l’objet essentiel est de réduire, au bénéfice de leurs membres, et par l’effort commun de ceux-ci le prix de revient et, le cas échéant, le prix de vente de certains produits ou services, en assumant les fonctions des entrepreneurs ou intermédiaires dont la rémunération grèverait le prix de revient. »
La loi élargit notamment le rôle de la Caisse des Dépôts, qui, depuis 1905 est chargée de financer le logement social.

Cartiaux Michel

Pour commencer la semaine avec les idées claires (20)


dimanche 24 février 2013

Conclusion de la Fondation Copernic sur l' "ANI"






Cet accord n’est pas légitime. Il n’est signé  que par une minorité de syndicats représentant une minorité de salarié-e-s.
Certes l’accord est techniquement majoritaire suivant la législation en vigueur dans la mesure où il est signé par au moins trois des cinq organisations représentatives à ce jour. Et le président de la République a de ce point de vue bien fait de presser les négociateurs à conclure, car ni la représentativité des syndicats signataires, ni leur capacité à former une majorité n’était garantie au-delà du mois d’août 2013, date à laquelle l’ensemble des résultats des élections professionnelles organisées dans les entreprises depuis 2008 seront additionnés en vue de déterminer la représent ativivé  nationale et interprofessionnelle des syndicats (fixée à 8 % des voix) comme, par suite, leur capacité à représenter une majorité au sens légal (fixée à 30 % des voix).34
La majorité juridique actuellement détenue par les syndicats signataires de l’accord cache, en tout état de cause, une minorité réelle qui ne saurait être transformée en majorité politique lors d’une transposition au Parlement que par un coup de force démocratique tournant le dos aux millions de salarié - e - s qui ont voté a u x présidentielles et aux législatives pour en finir avec la remise en cause du droit du travail. La majorité de gauche ne saurait, donc, prendre cet accord pour argent comptant comme l’a annoncé le Premier ministre. Ce serait mener une politique d’inspiration libérale dans la parfaite continuité du gouvernement précédent. La signature de l’accord et sa retranscription dans la loi représenteraient une régression de grande ampleur du droit du travail. Ses dispositions donnent de nouvelles marges de flexibilité aux employeurs, tout en augmentant la sécurité juridique de leurs actes. Il n’a rien d’un compromis où seraient pris en compte les intérêts des salarié-e-s. Aucune de ses dispositions ne va permettre de réduire le chômage ou la précarité. Au-delà, certains juristes émettent des doutes sur le caractère constitutionnel, légal ou conforme au droit international de certaines dispositions de l’accord. Ainsi, par exemple, de celle qui prévoit que la modification du contrat de travail réalisée dans le cadre d’un «accord de maintien dans l’emploi » s’impose au salarié et que son refus entraîne un licenciement pour motif économique, dont la cause est attestée par l’accord. Elle pourrait être jugée contraire au droit international. Nous verrons ce qu’il en sera des décisions prises par l’Organisation internationale du travail, ainsi que par les juridictions nationales ou européennes, qui ne devraient pas manquer d’être saisies. Cet accord social veut promouvoir « un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salarié-e-s ». En fait de « nouveau modèle économique », le texte de l’accord ne fait qu’approfondir le modèle néolibéral fondé sur la précarisation des salarié-e-s. Quant à « la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels », on a vu ce qu’il en était réellement. Le sens de cet accord a été donné quelques jours après la conclusion des négociations avec l’annonce faite par Renault de 7 500 suppressions d’emplois et a menace de fermeture de sites si les salarié-e-s n’acceptaient pas les sacrifices demandés comme, par exemple, une augmentation du temps de travail sans hausse de salaire et une mobilité forcée.
Qu’Arnaud Montebourg, ait pu déclarer que:
<<Ces suppressions font partie du cadre normal dans lequel une entreprise peut écider de gérer par avance ses effectifs etson personnel>> et qu’« Il n'y a pas pour nous un certain nombre de lignes rouges qui ont été franchies>>
,tandis que l’État et le premier actionnaire de Renault, montre que le gouvernement est prêt à en passer par toutes les volontés du patronat. Alors même que cet accord n’était pas encore transcrit dans la loi, le patron de Renault en faisait une lecture qui confirme, hélas, les pires craintes que l’on pouvait avoir à son sujet. Cet accord va servir de bélier pour, au nom de la compétitivité des entreprises, s’attaquer frontalement aux droits des salarié-e-s. Car comment mesure-t-on la  compétitivité d’une entreprise ? L’accord indique qu’il s’agit de « donner aux entreprises les moyens de s’adapter aux problèmes conjoncturels et de préserver l’emploi ». Peut-on considérer que Renault, qui a fait 786 millions de profits au premier semestre 2012, connaît des « problèmes conjoncturels » ? On voit ce qu’il en est dans ce cas de la préservation de l’emploi. Gageons que « les problèmes conjoncturels » des entreprises vont se multiplier, ce d’autant plus que, par ailleurs, les politiques d’austérité menées par les gouvernements européens, y compris le gouvernement français, sont porteuses d’une logique récessive. Même l’Allemagne est maintenant touchée par la contraction économique 36. Le « modèle économique » actuel entraîne l’Europe dans une spirale mortifère. La baisse des dépenses publiques et celle du « coût » du travail réduisent la demande globale dans tous les payseuropéens. Alors que les clients des uns sont les fournisseurs des autres, cette baisse ne peut pas être compensée par un accroissement des exportations. La récession qui s’ensuit produit une baisse mécanique des recettes fiscales qui empêche de réduire les déficits publics, entraînant ainsi un nouveau tour de vis. Au lieu de prendre des mesures pour relancer l’activité économique en satisfaisant les besoins sociaux et en engageant la transition écologique, l’accord social qui vient d’être conclu s’inscrit pleinement dans cette logique récessive en facilitant les licenciements et en permettant des baisses de salaires. Politique économiquement absurde et socialement destructrice.

La Fondation Copernic appelle tous les acteurs du mouvement social et syndical et des partis de la gauche et de l'écologie politique à organiser la mobilisation  nécessaire pour s'opposer à cet accord.

Elle est prête à participer aux initiatives qui seraient prises en ce sens.
 
34
(Au mois d’août 2013, en effet, les nouvelles règles de représentativité des organisations syndicales issues de la loi du 20 août 2008) entreront en vigueur. L’audience des syndicats sera alors mesurée en additionnant les résultats des élections professionnelles organisées dans les entreprises depuis 5 ans. Pour être représentatif au niveau national et interprofessionnel, un syndicat devra avoir réuni au moins 8 % des voix aux élections précitées et ce à la fois dans des branches de l'industrie, de la construction, du commerce et des services. La CFTC pourrait, en conséquence, ne plus être représentative. Pour être majoritaire, un accord devra être conclu par un ou plusieurs syndicats représentatifs, qui disposent (seul ou avoir d’autres) d’une audience d’au moins 30 % et ne pas faire l’objet de l’opposition des syndicats représentatifs, qui disposent d’une audience d’au moins 50 %. Dans ce nouveau cadre légal, l’accord du 11 janvier 2013 n’aurait très certainement pas pu être qualifié de majoritaire, ni entrer en vigueur ».)

36
 le PIB de l’Allemagne a reculé de 0,5 % au dernier trimestre 2012.


Et voici venu le tour du Royaume-uni...

Après la dégradation avant-hier par la prestigieuse agence Moody's de la note de la dette souveraine du Royaume-Uni, il ne reste plus que 12 pays à travers la planète à bénéficier du tant convoité AAA qui permet d'emprunter sur les marchés financiers à des taux défiant toute concurrence : le Canada en Amérique ; l'Australie, Singapour et Hong-Kong en Asie-Pacifique ; l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Finlande dans la zone euro ; la Suède et le Danemark dans l'Union européenne hors zone euro ainsi que la Suisse et la Norvège dans le reste de l'Europe ! Malgré les efforts toujours plus importants qui sont réalisés pour satisfaire aux exigences financières des agences de notation, l'hécatombe continue donc encore au point que la seule question que l'on se pose aujourd'hui est de savoir qui sera la prochaine victime...

Laurent Bouvier  

Portugal : le chant de la révolte résonne à nouveau !

Le 15 février dernier, à la tribune du parlement portugais, le premier ministre de droite Pedro Passos Coelho répondait aux questions de l’opposition. Il y eut d’abord un murmure, puis le son devint de plus en plus audible. Plusieurs dizaines de personnes installées dans les travées réservées au public venaient d’entonner « Grândola, vila morena ». Une chanson hautement symbolique connue de tous les Portugais puisque ce fut sa diffusion sur les ondes de Rádio Renascenca le 25 avril 1974 à minuit vingt qui marqua le déclenchement de la Révolution des œillets ! Devant l’impossibilité d’interrompre ce qui symbolise plus que tout la lutte contre le fascisme salazariste et le retour de la démocratie au Portugal, la Présidente de la Chambre demanda pour le principe le retour au calme, puis elle ajourna la séance pendant deux minutes afin de laisser les manifestants terminer les deux premières strophes de la chanson. Quant à Pedro Passos Coelho, il mesura aussi la portée symbolique de l’acte et fit contre mauvaise fortune bon cœur en affichant pendant ces deux minutes un sourire mi-amusé mi-compréhensif. Il alla même jusqu’à affirmer, lorsqu’il reprit la parole, que « d’interrompre de cette manière une séance de travail était du meilleur goût imaginable ». Il reste maintenant à espérer qu’il aura compris le message véhiculé par ce chant révolutionnaire - qui parle de fraternité, d’amitié, d’égalité et de souveraineté du peuple - et qu’il aura le bon sens de mettre un frein aux politiques d’austérité sauvages qui saignent son pays depuis maintenant deux ans au lieu de les accentuer...

Grândola, ville brune
Terre de fraternité
Seul le peuple ordonne
En ton sein, ô cité
En ton sein, ô cité
Seul le peuple ordonne
Terre de fraternité
Grândola, ville brune
A chaque coin un ami
Sur chaque visage, l’égalité

samedi 23 février 2013

Les salariés d'EDF dans le collimateur de la Cour des Comptes


"La cour des Comptes estime dans son rapport annuel publié que les salariés d'EDF, groupe contrôlé par l'Etat, bénéficient d'avantages et de salaires généreux, sans lien évident avec la performance de l'entreprise."Les salariés du groupe EDF, contrairement aux salariés du secteur privé, n'ont pas subi de ralentissement du rythme de progression de leur rémunération globale depuis 2008, en dépit des résultats contrastés d'EDF", estiment les magistrats, rappelant les performances moyennes ou mauvaises de nombreux paramètres financiers du groupe, comme le chiffre d'affaires, l'endettement ou la valeur de l'action. Les dirigeants sont aussi critiqués, la Cour jugeant leurs rémunérations "en forte augmentation jusque récemment". Elle pointe en outre les "nombreux avantages liés à l'emploi" pour les salariés, comme des tarifs avantageux ou des abonnements gratuits.
Les Sages formulent donc plusieurs recommandations, notamment de rendre plus ambitieux les objectifs donnant droit à une rémunération variable, ou encore de revenir sur certains avantages liés au tarif préférentiel d'électricité pour les agents. Dans ses réponses, le groupe estime que "la plupart" des avantages dont bénéficient ses salariés "ne sont pas si éloignés de ce qui se pratique ailleurs, dans d'autres entreprises françaises", et que l'augmentation des rémunérations des dirigeants a été nécessaire pour préserver les ressources humaines dans un contexte de concurrence.
La Cour s’intéresse aussi au système des concessions de distribution d'électricité à ERDF par les collectivités locales, un système "fragilisé" par les incertitudes quant au maintien du monopole d'ERDF dans la distribution et par l'augmentation des productions alternatives "décentralisées" à cause du développement des énergies renouvelables. Elle recommande de s'interroger sur "l'évolution du modèle de la distribution d'électricité", évoquant notamment "l'existence d'un fort besoin d'investissement", et critiquant la "coordination insuffisante" des investissements des collectivités territoriales."
(dépêche AFP, février 2013)

Dans un territoire comme le nôtre qui compte, du fait de la présence d’une centrale nucléaire, environ 750 agents EDF, cette dépêche publiée par l’AFP quelques jours avant que ne soit officiellement présenté le rapport annuel de la vénérable institution de la rue Cambon n’a pas pu passer inaperçue. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des hausses globales de salaire et des rémunérations des principaux dirigeants, elle remet ouvertement en cause le tarif très avantageux de l’électricité pour les quelque 300.000 agents actifs et retraités d’EDF et GDF qui ne paient que 5 à 10 % du montant réel de leur consommation. Un avantage mis en place peu après la guerre, en 1946, à une époque où la main-d’œuvre se faisait excessivement rare et où il convenait donc de la fidéliser par tous les moyens, sur lequel on n’est jamais revenu depuis.

Pour les syndicats, ce tarif préférentiel est un acquis social destiné à compenser la faiblesse des salaires en début de carrière qui flirteraient avec le SMIC. Il est donc intouchable ! Mais pour le Trésor Public, il s’agit d’un véritable avantage en nature qui doit, depuis plusieurs années, être intégré dans la déclaration des revenus. Surtout, pour le reste de la population qui n’ignore pas que ce tarif préférentiel est valable à vie et applicable quel que soit le niveau de consommation du foyer dans sa résidence principale mais aussi dans son éventuelle résidence secondaire, ce n’est rien d’autre qu’un privilège d’autant plus insupportable qu’en cette période de crise économique son coût, estimé à 222 millions d’euros pour l’année 2010, est répercuté sur les factures des autres consommateurs. Quant aux écologistes, ils n’ont de cesse de faire remarquer que ce tarif est contraire à l’esprit du Grenelle de l’environnement puisque la consommation électrique est multipliée en moyenne par 3 dans les foyers qui en bénéficient. 

Le tarif agent est donc sur la sellette, à tel point que les pistes se multiplient pour en maintenir l’existence tout en le rendant socialement plus acceptable ! Parmi elles, on peut relever celle du député UMP des Bouches-du-Rhône Dominique Tian qui propose que le tarif agent soit ramené à 50 % du tarif standard. Mais il y a aussi celles de la Cour des Comptes qui va dans son rapport au-delà du simple constat et suggère notamment de rendre cet avantage « plus juste et moins exorbitant » en le plafonnant à un certain niveau au-dessus duquel un tarif normal ou un peu moins avantageux serait appliqué. Une proposition qui fait sens au vu des discussions engagées pour passer à une tarification progressive de l’électricité, par paliers de consommation. Mais de là à dire qu’elle sera adoptée, il y a plus qu’un pas qu’il serait extrêmement hasardeux de franchir, surtout dans le climat social particulièrement dégradé que nous connaissons actuellement...

Laurent Bouvier

vendredi 22 février 2013

L'effrayant Haka des temps modernes...


Le chiffre du jour !


2 ! C’est le nombre des études qui vont être réalisées afin de mesurer le réel impact de la modification du périmètre de la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse proposée subitement le 28 novembre dernier par le Préfet Pierre N’Gahane et acceptée par la Commission départementale de la coopération intercommunale le 21 décembre. La première, qui sera diligentée par un quintette d’élus dûment estampillés socialistes, à savoir Erik Pilardeau, Alain Roy, Elisabeth Bonillo, Michel Philippe et Michèle Marquet respectivement maire de Bogny-sur-Meuse, Revin, Les Mazures, Anchamps et Chooz, aura pour objectif de montrer tous les bienfaits de la nouvelle carte intercommunale. Quant à la deuxième, commandée par la com’com Ardenne Rives de Meuse, elle aura non seulement pour but de démontrer l’inanité du nouveau redécoupage mais aussi d’étudier le périmètre « Portes de France » tel qu’il avait été défini à la fin 2011 et celui regroupant l’actuelle Communauté de communes Meuse et Semoy, Revin et Anchamps.  

Que faut-il penser de ce chiffre ? Pour le PG/La Pointe, trois choses ! D’abord qu’il est la preuve que dans cette affaire, dont les conséquences sur la population seront loin d’être négligeables, on a mis la charrue avant les bœufs. Sans être sorti de Saint-Cyr, n’importe qui avec un minimum de jugeote peut comprendre que le bon sens aurait voulu que l’on détermine l’impact du redécoupage proposé avant de le faire avaliser. Ensuite qu’il démontre une gestion plus que douteuse des deniers publics puisque ces études, évidemment non gratuites, seront in fine payées par les contribuables. Dans ces conditions, il aurait tout de même été plus sage que les élus concernés s’entendent pour n’en réaliser qu’une seule ! Enfin et surtout qu’il va inévitablement entraîner une guerre des chiffres puisque le cahier des charges de ces études étant différent, leurs conclusions ne pourront pas être identiques. Loin d’apaiser la situation, elles vont donc au contraire l’envenimer et renforcer encore la passion là où la priorité absolue devrait être donnée à la raison...

Laurent Bouvier

jeudi 21 février 2013

Quel bilan dresser du système fiscal français ?


Le fonctionnement des principaux impôts sur les ménages
Données 2011
Type d'impôtAssietteMontant en milliardsPart de l'ensemble des prélèvements
Cotisations socialesProportionnelSalaires33338,0%
Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)ProportionnelConsommation130,714,9%
Contribution sociale généraliséeProportionnelSalaires8810,0%
Impôt sur le revenuProgressifRevenu50,65,8%
Taxe foncière (propriétaires)ProportionnelValeur locative26,73,0%
Taxe d'habitation (locataires et propriétaires)ProportionnelValeur locative161,8%
Taxe sur les produits énergétiquesProportionnelConsommation13,21,5%
Frais de notaire*ProportionnelValeur du bien10,81,2%
SuccessionsProportionnelPatrimoine6,90,8%
Impôt de solidarité sur la fortune (ISF)ProgressifPatrimoine4,30,5%
Total

680,278%
Autres impôts sur les ménages et impôts sur les entreprises

195,822%





Total général

876100%
* Droits de mutation à titre onéreux
Source : Rapport sur les prélèvements obligatoires 2013 du ministère du Budget


                                                                                     Des niches que l’on ne peut nettoyer
Le système français a un premier défaut : il est opaque. En particulier, les bases fiscales de l’impôt sur le revenu ne sont pas claires, du fait de très nombreuses "niches", des systèmes de dérogation à la règle, qui font que certains paient moins que d’autres, des employeurs de personnel domestique aux investisseurs dans l’immobilier. Cette situation est critiquée par l’ensemble des partis politiques, mais les défenseurs des niches savent les préserver. Sur ce sujet, la démagogie est très grande entre les discours et les actes.
                                                    Les impôts locaux datent des années 1960
La base qui sert de calcul aux impôts locaux n’a pas été révisée depuis les années 1960 ! Du coup, les habitants des HLM (à l’époque, ils représentaient le confort) sont pénalisés en matière d’impôts par rapport aux centres-villes, qui à l’époque étaient souvent en mauvais état. Cette rénovation demande une forte volonté politique. Une réforme a été amorcée pour les locaux professionnels par le précédent gouvernement. Pour les particuliers, rien ne devrait être fait avant 2015…
Du quotient familial à la redevance télé, de nombreuses injustices
De nombreux impôts fonctionnent de façon particulièrement injuste. Ainsi le mécanisme dit de « quotient familial » de l’impôt sur le revenu procure un avantage (Heureusement plafonné) qui augmente en fonction du nombre d’enfants et du niveau de vie ! La France continue par ailleurs à disposer de prélèvements fixes, les plus injustes. C’est le cas de la redevance télévision. Cette taxe est défendue notamment par les milieux intellectuels et notamment de l’audiovisuel public (qu’elle finance), qui constituent un groupe de pression important.
                                                      Et la progressivité ?
Le système fiscal français est globalement proportionnel sur les revenus (cotisations sociales et CSG) ou sur la dépense (TVA). L’impôt progressif est le seul à réduire les inégalités relatives. Dans ce domaine, il y a deux débats distincts. Le premier porte sur la part de l’impôt progressif dans l’ensemble des recettes fiscales : il est réduit en France. L’impôt sur le revenu rapporte 50 milliards d’euros, contre 130 milliards pour la TVA. Il représente moins de 6 % de l’ensemble des recettes fiscales et se situe parmi les plus faibles de l’OCDE. Le second porte sur le degré de progressivité : comment sont étalés les différents taux, et quel est le taux le plus élevé. Les plus aisés mettent en avant qu’à trop les taxer ils seront découragés. Aucune étude ne fait état d’une fuite de contribuables ou de « désincitation » au travail par l’impôt quand les taux de prélèvements progressifs augmentent. L’exemple des pays scandinaves montre qu’une fiscalité progressive supérieure à la nôtre n’empêche pas d’avoir une grande qualité de vie et ne produit pas d’exode massif de catégories aisées sur-taxées. Les politiques de diminution massive des impôts progressifs menées depuis 2000 n’ont en rien relancé la croissance…
L’impôt progressif réduit les inégalités absolues et relatives. Si vous prélevez 10 % sur les revenus de 1 000 euros et 20 % sur les revenus de 2 000 euros, vous obtenez après impôts des revenus de 900 euros et 1 600 euros, soit un rapport qui passe de 1 à 2 à 1 à 1,8. La légitimité de ce type d’impôt est ancienne, l’économiste classique du XVIIIe siècle Adam Smith y était favorable. Pour une raison simple : les 1 000 premiers euros gagnés par une personne lui sont d’une utilité plus grande que les 1 000 euros gagnés par celui qui en perçoit déjà un million. Le second peut plus facilement s’en priver que le premier. C’est au nom de ce critère qu’il est apparu plus juste et économiquement plus efficace de taxer à un taux moins élevé ceux dont les revenus sont les plus faibles. En France, la fiscalité progressive ne représente qu’une part très faible de l’impôt
Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Art. 13.
Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.
Source: l'observatoire des inégalités.(extrait)
-Impôt forfaitaire: impôt fixe ( le plus injuste: redevance TV)
-Impôt proportionnel: réduit les inéglités en valeur absolue (TVA)
-Impôt progressif : le seul à réduire les inégalités en valeur relative et absolue (chacun paie en proportion de ses resources:  ISF )

Grèce : l'austérité impose un nouvel alphabet !


mercredi 20 février 2013

Ardenne Rives de Meuse soigne sa communication !


Mercredi dernier, pour la 5ème année consécutive, la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse a invité les conseillers municipaux des 17 communes qui la composent afin de leur montrer la vidéo présentée au mois de janvier aux conseillers communautaires à l’occasion de la cérémonie des vœux. 263 élus étaient donc conviés à prendre connaissance, dans le cadre agréable de la salle du Richat à Fromelennes, des réalisations de la comcom la plus convoitée des Ardennes, parmi lesquels une soixantaine avait répondu présent. Environ un sur quatre donc, au rang desquels figurait à ma grande surprise un autre conseiller municipal d’Aubrives, ce qui n’est certes pas extraordinaire mais néanmoins plus que les années précédentes ! Comme d’habitude, la soirée s’est déroulée en deux temps.

Le premier, qui a duré 45 minutes, a permis de visionner un petit film réalisé à la façon d’un journal télévisé avec, en guise de présentatrice, la directrice de Radio Fugi Odile de Barros. Après avoir montré les réalisations les plus marquantes de l’intercommunalité en 2012, à savoir les inaugurations de la chapelle Walcourt, de la station d’épuration écologique de Charnois et de la fresque de Jean-Paul Surin à Vireux-Molhain, ainsi que l’élargissement de la porte de garde du port de Givet, ce plaisant montage a donné la parole à 4 acteurs majeurs de la comcom. A tout seigneur tout honneur, le premier à s’exprimer a été le directeur général des services, Claude Wallendorff, qui a fait un rappel de l’évolution des finances depuis la création du district de Chooz en 1988. De façon très intéressée, il a ainsi mis l’accent sur les différents dispositifs qui ont réduit les ressources de la communauté de communes (écrêtement avec la loi Chevènement en 1999, ticket modérateur de la taxe professionnelle en 2009, transformation de cette taxe en 2010, création du fonds de péréquation intercommunal en 2012) et il a conclu à l’attention « des 40 voleurs qui croient avoir trouvé la caverne d’Ali Baba » en affirmant qu’Ardenne Rives de Meuse n’était pas riche, mais seulement à l’aise grâce à une gestion intelligente et souvent consensuelle puisque 95 % des décisions sont prises à l’unanimité.

Puis vint le tour d’abord de Daniel Tournay, le vice-président en charge des travaux, qui a listé les chantiers réalisés depuis 2008 : l’achèvement du PACoG, la construction de l’aire d’accueil des gens du voyage et du bâtiment de l’office de tourisme communautaire, la déconstruction de Cellatex et du « vin sans eau », la rénovation d’une partie des parois du Fort Condé, l’extension du bâtiment pour Teruel et la réalisation de quelques voiries communautaires dont il a bien précisé qu’elles étaient réservées aux seules communes de plus de 2.000 habitants ; ensuite de René Choin, le vice-président en charge de l’action économique, qui a rappelé les trois axes mis en place par la communauté de communes : le développement endogène avec le soutien aux petites entreprises et aux reprises, le développement exogène avec la prospection d’entreprises extérieures et le soutien à l’économie sociale et solidaire avec par exemple la prise en charge de la compétence petite enfance ; enfin de Jean-Pol Devresse, le vice-président en charge du tourisme, qui a insisté sur l’installation à l’OTC d’une table numérique et de quelques expositions temporaires ainsi que sur les espoirs qu’il a dans la promotion du massif ardennais par une association regroupant aussi bien des Français que des Belges et des Luxembourgeois.

Commença alors le deuxième temps pour lequel, je l’avoue, j’avais fait le déplacement, à savoir le discours du Président de la Communauté de communes Bernard Dekens qui a duré 40 minutes. Alors que j’attendais des propos musclés voire agressifs à la suite du changement en profondeur des limites de l’intercommunalité décidé dans les conditions que tout le monde connaît au mois de décembre dernier, j’ai eu la bonne surprise d’entendre un discours très pédagogique au ton certes ferme mais sans aucun excès. Evoquant la réalité d’un « territoire en souffrance », il a mis en avant un certain nombre d’arguments pour expliquer son opposition au nouveau schéma du Préfet. Parmi eux, celui qui a été le plus développé a été le CIF, c'est-à-dire le coefficient d’intégration fiscal (pour faire simple, c’est le pourcentage que représentent les dépenses intercommunales dans le total des dépenses des dépenses communales et intercommunales) qui s’élève à 83 % alors qu’il n’est que de 36 % pour la comcom de Meuse et Semoy, de 21 % pour celle des Plaines et Forêts de l’ouest ardennais et bien sûr de 0 % pour Revin. Un détail technique sans intérêt, diront certains qui auraient bien tort puisque la dotation globale de fonctionnement versée par l’Etat sera calculée non pas sur la base du CIF le plus élevé comme c’était encore le cas il y a encore un an, mais sur celle du CIF moyen augmenté de 5 %. Ce qui veut dire que le surplus de recettes que recevra la future intercommunalité Nord-Ardennes sera inférieur à 900.000 euros, alors que le surplus de dépenses pour assurer dans l’ensemble du nouveau territoire les mêmes services que ceux dont bénéficient aujourd’hui les 17 communes d’Ardenne Rives de Meuse sera bien supérieur.         

Quant aux autres arguments qui ont été développés, outre le contrat moral qui aurait été passé lors de la fermeture de la Chiers, il y a eu les difficultés actuelles de KME qui vaudraient bien celle connues par Electrolux et qui justifierait de conserver pour le territoire ses ressources actuelles, le comportement du Préfet qui aurait outrepassé ses pouvoirs en modifiant profondément le périmètre voté en 2011 et qui donnera lieu à un recours en justice ou encore le déni de démocratie que constituerait le refus de prendre en compte l’avis négatif que rendront au moins 70 % des communes concernées représentant plus de 70 % de la population de la future intercommunalité. Sans oublier bien sûr la disparition d’un certain nombre de services rendus à la population comme le taxi à la carte, l’aide aux études supérieures et surtout la gratuité de la collecte et du traitement des déchets ménagers et assimilés qui devrait être remplacée par une taxe annuelle d’environ 60 euros par personne. Fort de ces éléments, Bernard Dekens a alors conclu en affirmant qu’il ne serait pas « le président qui proposera d’augmenter les impôts et de baisser les services » et qu’il n’entendait pas « se laisser bouffer sans rien faire ». Réussira-t-il dans son combat ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais une chose est sûre, sa détermination est pleine et entière...

Laurent Bouvier     

mardi 19 février 2013

Une loi contre les patrons voyous


"Lors de la réunion organisée par le regroupement d'associations d'anciens salariés et les élus du département, nous avons proposé un projet de loi contre les patrons voyous. Cette loi permettrait aux victimes de malversations, d'agir en justice et d'obtenir une indemnisation. Christophe Léonard, le député de la circonscription appartenant à la majorité présidentielle, va proposer ce projet de loi au groupe socialiste majoritaire à l'Assemblée nationale. Ce qui est une bonne chose, mais nous attendons beaucoup plus de notre député et des socialistes du département. Affirmer de bonnes intentions devant les victimes de patrons voyous est une chose, défendre énergiquement et avec conviction cette proposition de loi en est une autre.

Une prise de position publique de Christophe Léonard et des socialistes, afin de soutenir les victimes de patrons voyous, aurait été appréciable et appréciée. Pour l'instant, nous faisons confiance au député Léonard, nous lui laissons le temps non pas de demander poliment, mais de convaincre son groupe parlementaire. Nous serons attentifs aux réponses qui seront apportées à cette proposition de loi et les socialistes du département devront assumer la décision qui sera prise par les députés de la majorité. Car pour les victimes (nombreuse dans le département) des agissements de patrons voyous, soit les élus sont contre les patrons voyous et ils le prouvent, soit ils sont pour et ils l'assument."

Source : le blog de LENOIR ET MERNIER-LCAB 

lundi 18 février 2013

Annonce du rétablissement partiel de l’allocation équivalent retraite (AER)

15 FEVRIER 2013 / CFDT Retraite :  Selon les dernières infos, l’AER annoncé par Jean-Marc Ayrault le 24 janvier 2013 ne sera rétablie que très partiellement et ressemblera plus à un prolongement de l’ATS, annoncé par Xavier Bertrand en 2011, comme nombre d’entre vous le craignaient.

Le fil conducteur, c’est Bercy qui prépare le décret de Jean-Marc Ayrault, les mêmes qui avaient rédigé le décret de l’ATS (allocation transitoire de solidarité)

Pour bien prendre connaissance de l'injustice que cela représenterait, regardez d'abord la vidéo ci-dessous ! Puis, pour l'éviter, n'hésitez pas à signer la pétition en ligne en cliquant ici. Par avance, merci !!

Pour commencer la semaine avec des idées claires (19)


Des partis coupés de leurs bases sociales

Au-delà de la question fiscale, l’une des explications du décalage entre les partis politiques et la population est le rétrécissement de leur base sociale. Ces derniers sont de plus en plus composés de militants issus de catégories favorisées par le diplôme ou le revenu, toujours plus nombreuses lorsque l’on s’élève dans la hiérarchie des fonctions. Les élus locaux, plus proches du terrain, sont sollicités par les plus démunis qui n’ont d’autre recours, mais ils restent eux-aussi souvent coupés des couches moyennes salariées du privé. Au sens moyen du terme, c’est-à-dire qui vivent avec 1 400 euros pour une personne seule ou 2 800 euros pour un couple sans enfant, et non au sens médiatique le plus commun. Ces couches favorisées (requalifiées de « moyennes supérieures » à l’occasion) sont préoccupées par la grande pauvreté et la grande richesse. Pour elles, la question de la redistribution se pose surtout vis-à-vis des franges très supérieures des revenus. « Taxer les riches » (sous entendu, les plus riches que nous..) a fait son chemin à gauche non sans une dose de démagogie. Redistribuer plus largement n’est pas central.
Source: Observatoire des inégalités

samedi 16 février 2013

Givet : tous unis pour la défense du territoire !

Face aux deux lourdes menaces qui pèsent actuellement sur Givet et ses alentours proches, à savoir la fermeture de la filière littéraire au lycée Vauban qui pourrait entraîner à terme la mort de l'établissement et la "mise en veille" de la fonderie de l'usine KME située à Flohimont, un rassemblement était organisé hier à 17h30 devant l'entrée du lycée. Il a réuni environ 200 personnes, parmi lesquelles on pouvait remarquer de nombreux salariés de KME, des parents d'élèves, des syndicalistes, des militants politiques de gauche et une bonne quinzaine d'élus de tous bords n'ayant pas hésité à sortir leur écharpe tricolore pour la circonstance. Une fois formé, le cortège a traversé dans le calme le pont des Américains et s'est dirigé vers la place Carnot en empruntant les rues Flayelle et Thiers. Là, sur le perron de l'hôtel de ville, plusieurs prises de paroles ont eu lieu pour rappeler, parfois longuement, l'enjeu du rassemblement : la défense d'un territoire en souffrance qui nécessite l'union de tous pour maintenir les services publics qui y existent encore et le tissu industriel ! Une belle unanimité, qui a suscité quelques remarques sarcastiques de la part de manifestants n'hésitant pas à rappeler que les élections municipales auront lieu dans seulement un an, qui devrait amener, espérons-le, les fossoyeurs de la Pointe à y réfléchir à deux fois avant de continuer leurs funestes projets...

Laurent Bouvier      





Vireux-Molhain : mobilisation réussie pour défendre une classe menacée !

Hier après-midi, à 16h00, à l'appel des parents d'élèves de l'école élémentaire Maurice Robinet, un rassemblement a été organisé devant l'établissement. Le motif ? La fermeture, dès septembre 2013, d'une des 5 classes de l'école, ce qui ferait passer le nombre moyen d'élèves par classe de 19,4 à 24,3 alors que la moyenne nationale hors éducation prioritaire s'établit à 22,3 ! Une décision inadmissible, surtout venant d'un gouvernement qui a clamé sur tous les tons que l'éducation serait l'une de ses principales priorités, qui a provoqué une colère bien légitime des parents. Pour la montrer, en ce dernier jour de cours avant les vacances d'hiver, ils ont mis en place un barrage filtrant devant l'école, sur la RD 8051, qui a provoqué un ralentissement de quelques centaines de mètres sans pour autant susciter de grogne particulière de la part des automobilistes dont la plupart ont été très compréhensifs. Une action de sensibilisation de la population réussie donc, d'autant qu'elle a bénéficié du soutien d'une quarantaine de personnes parmi lesquelles on a pu remarquer, outre le maire de la commune Jean-Pol Devresse et deux de ses adjoints, 5 conseillers municipaux d'opposition et plusieurs membres du PG/La Pointe qui ont ainsi prouvé qu'ils s'intéressent aux vraies difficultés que connaît la population... 

Laurent Bouvier




vendredi 15 février 2013

Vireux-Molhain : les parents se bougent contre la fermeture d'une classe !


Vers le démantèlement de nos réseaux ferrés !


"20 ans d’acharnement libéral, 20 ans de politiques qui ont cassé l’outil ferré français : séparation de l’infrastructure et de l’exploitation, fin des péréquations entre le voyageur et le frêt, ouverture du frêt à la concurrence avec pour conséquences la fermeture des embranchements particuliers, démultiplication des camions sur les routes, privatisation des installations ferroviaires portuaires. Voilà le triste et dur bilan de l’Europe libérale.

Le 30 janvier dernier, la Commission Européenne a adopté le 4ème paquet ferroviaire. Le Parti de Gauche dénonce l’aveuglement idéologique de l’ouverture à la concurrence prévu pour décembre 2019. Celle-ci privilégiera les lignes rentables au détriment du maillage du territoire, remettra en cause l’égalité de traitement, principe fondamental du service public, et la protection sociale des salariés du secteur. Nous dénonçons notamment la séparation intégrale de la gestion de l’infrastructure et de l’exploitation qui compliquera les conditions de travail et dégradera encore la sécurité sur les lignes en jouant du dumping social et environnemental entre les compagnies. Ces politiques libérales et anti-écologiques éloignent encore notre service public de l’intérêt général.

A l’opposé de cette logique de l’ouverture à la concurrence à tous prix, le Parti de Gauche propose que ce secteur, dans sa branche frêt comme dans sa branche voyageur, soit la pierre angulaire de la transition écologique. Cela nécessite le développement des coopérations entre réseaux, une tarification juste et une véritable planification pour pouvoir répondre aux enjeux écologiques. Pour cela, le secteur ferroviaire doit être vu comme un outil des politiques publiques d’aménagement du territoire et du transport de marchandises, à l’exact inverse de la vision libérale qui ne prend en compte que le prix et la rentabilité directe du service. Le Parti de Gauche ne cessera de défendre le service public du rail et sera aux côtés des salariés dans cette lutte écosocialiste".

Mathieu Agostini, Michel Duchatelet, Corinne Morel Darleux

St VALENTIN : 4 MORTS, 14 BLESSES ! OFFICIELLEMENT ...

 

manif_1952.jpg
C'est un devoir de mémoire qui m'anime aujourd' hui . Je tiens à rendre hommage à :
CONSTANCE DULAC
FRANCOIS SERDOT
CAPITULIN JUSTINIEN
EDOUARD DERNON
...Tués par les forces de l'ordre , le 14 février 1952 en Guadeloupe et dont le seul crime fut de réclamer un allégement de la charge de travail dans les plantations des" Békés" ainsi qu'une réévaluation de leurs salaires .
SANS armes, sur un barrage pour défendre leurs revendications, ils ont été victimes d'un Néo-Colonialisme sanguinaire ainsi que 14 autres personnes blessées dont certaines ne faisaient que passer . HONTE A LEURS ASSASSINS ! OU EST LA JUSTICE ???
Autre ignominie ! Le massacre de mai 67 dont le bilan est imprécis . L' article, dans le journal Le " Monde " du 26 mai 2009, a cité les noms des manifestants assassinés par les forces de l' ordre : Jacques Nestor, Pincemaille, Zadig Gougougnam, Camille Taret, Gildas Landée, Tidace et Fengerol . Le gouvernement n'avouant que ces 7 victimes !gua.jpg Le secrétaire d'état aux DOM-TOM, Georges Lemoine, admet lui 85 morts ! et le député Madame Taubira dénonce plus de 100 morts ! Le secret défense ne sera levé qu' en 2017 ...

Par Michel Cartiaux le lundi 14 février 2011,
source: Vireux-Rive-Gauche
 

mercredi 13 février 2013

Allardin à nouveau menacée !

A Givet, l'imprimerie Allardin n'est pas la plus ancienne ancienne entreprise industrielle, mais pas loin ! Fondée en 1937 par Jean Allardin dans des locaux situés dans la rue du Point du Jour, elle a très vite bénéficié d'une excellente renommée que messieurs Laury puis Wullen, ses successeurs, ont su maintenir. L'entreprise a ainsi enchaîné les décennies sans difficulté particulière. Puis, en 1992, soucieuse de s'étendre et de se moderniser, elle s'est installée dans un nouveau bâtiment de 2.182 m2 situé sur la zone du PACoG où elle a continué son existence paisible jusqu'en 2004, date à laquelle elle a commencé à connaître des problèmes très importants. N'arrivant pas à les surmonter, elle a alors été placée en liquidation judiciaire en décembre 2005, avec à la clé le licenciement de 20 salariés.

Mais, tel le Phénix renaissant de ses cendres, ce fleuron de l'industrie locale a vite retrouvé un repreneur en la personne de Frédéric Jamme et il a redémarré son activité, sous le nom d'Allardin Imprimeur, dès le mois d'août 2006. Un nouveau départ, facilité par l'implication des 11 personnes embauchées qui ont accepté de travailler gracieusement pendant 2 mois pour faciliter la reprise, apparemment réussi puisque l'entreprise avait dû étoffer ses effectifs et passer de une à trois équipes en avril 2007 pour pouvoir honorer son carnet de commandes ! Hélas, l'embellie ne fut que de courte durée puisqu'en avril 2008, la société a de nouveau été placée en liquidation judiciaire. Le motif ? D'après la gérante de la société, visiblement plus prompte à oublier ses propres responsabilités qu'à se souvenir des efforts fournis à titre gratuit, un personnel pas à la hauteur ! La Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse, qui avait contribué à la reprise grâce à une aide de 200.000 euros, a alors décidé de "sanctuariser" le site le temps de trouver un repreneur sérieux en achetant le bâtiment et la majeure partie du matériel.

Bien lui en a pris, puisqu'en octobre 2010 Damien Tanase, connu pour avoir occupé des postes à responsabilités dans plusieurs imprimeries belges avant de devenir intermédiaire, a déposé une offre de reprise qui a été jugée suffisamment crédible pour être acceptée. La société New Allardin, dotée d'un capital social de 60.000 euros, a ainsi été créée avec comme atouts, en plus du portefeuille clients apporté par son dirigeant, un personnel jugé cette fois compétent, la possibilité de pratiquer une politique tarifaire agressive grâce aux avantages accordés par la zone franche et surtout l'utilisation d'une machine ultra-performante permettant tous types d'impressions sur une vaste gamme de supports (papier fin, cartonné,...) et à différents formats (brochure, album, catalogue,...). De quoi aborder l'avenir avec sérénité ! Pourtant, malgré la récupération des 3/4 des anciens clients et l'obtention de nouveaux marchés, le premier exercice de 15 mois clos au 31 décembre 2011 s'est soldé par une perte nette de 267.900 euros pour un chiffre d'affaires de 458.300 euros. Quant à l'année 2012, malgré un quasi doublement de l'activité, elle n'a pas permis d'atteindre les 1,2 millions d'euros de chiffre d'affaires escomptés. La conséquence ne s'est pas faite attendre avec la mise en redressement judiciaire de la société jeudi dernier. 

Le prélude, d'après les partisans de l'adage "jamais deux sans trois", à une prochaine liquidation judiciaire que refuse pour le moment d'envisager Damien Tanase. Une combativité de bon aloi qui, je l'espère pour les 9 salariés qu'il emploie encore, lui permettra de redresser la barre pendant l'année de sursis que vient de lui octroyer le tribunal de commerce...

Laurent Bouvier  

mardi 12 février 2013

Givet : la défense du lycée vaut bien une manifestation !

(pour prendre connaissance de l'article publié aujourd'hui dans L'Ardennais, il vous suffit de faire un clic gauche sur la photo ci-dessus)