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"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel" (Jean Jaures/discours à la jeunesse)

mardi 30 avril 2013

dimanche 28 avril 2013

Fumay : l’entreprise Godart menacée à son tour de fermeture !


Depuis le choc provoqué par l’annonce l’été dernier du plan social de PSA prévoyant, entre autres, la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-bois, plus personne n’ignore que l’industrie automobile française est en crise. Les constructeurs bien sûr, qui peinent à trouver des relais de croissance pour compenser la baisse de leurs ventes sur le marché hexagonal, mais aussi les équipementiers auxquels les donneurs d’ordres demandent des prix toujours plus bas tout en les incitant à délocaliser afin de se rapprocher des nouvelles usines automobiles construites dans des pays à bas coût salarial ! Parmi ces sous-traitants de plus en plus maltraités qui sont particulièrement nombreux dans les Ardennes, on trouve notamment Godart SA, le deuxième employeur privé de Fumay avec près d’une centaine de salariés, qui a été racheté en 2001 par l’équipementier de rang 1 Westaflex devenu depuis WTX Automotive Group suite à sa prise de contrôle par les groupes japonais Maruyasu Industries et Sekiso Corporation.  

Pour beaucoup, cette reprise par un spécialiste reconnu des solutions de transport et de traitement des fluides pour le compartiment moteur - possédant déjà 2 usines à Roubaix - était un gage de pérennité. Hélas, les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances ! Loin de là même, puisque Godart a enregistré en 2011, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 7,5 % à 11 millions d’euros, une perte nette de 2.629.000 euros. Certes, la perte d’exploitation a été ramenée à un peu moins de 2 millions d’euros contre plus de 3 millions l’année précédente, mais sur la période 2004-2011 la perte d’exploitation cumulée a atteint 21.676.700 euros. Une véritable catastrophe qui a aboutit à des capitaux propres négatifs de 13 millions d’euros au 31 décembre 2011 ! Devant cette situation, WTX Automotive Group, dont les deux autres sites ont également été déficitaires en 2011 mais dans des proportions bien moindres, a décidé de réagir et de trancher dans le vif.

C’est ainsi que vendredi dernier, le directeur de Godart a annoncé aux salariés que « les actionnaires en ont assez de payer le déficit chaque mois » et qu’en conséquence l’usine serait fermée en décembre et la production transférée à Roubaix. Un vrai coup de massue pour le personnel qui savait que la situation de l’entreprise n’était pas bonne, mais qui ne s’attendait pas à une mesure aussi radicale dans un délai aussi court ! Une petite lueur d’espoir subsiste cependant puisque le directeur a précisé que la fermeture n’aurait pas lieu si un repreneur était trouvé entre-temps. Dans ces conditions, le PG/La Pointe demande donc aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour faciliter une reprise qui ne sera certainement pas facile, mais qui n’a rien d’utopique comme le montre la visite effectuée la semaine dernière dans les locaux par des investisseurs indiens ou les contacts suisses évoqués par le directeur lui-même. Il en va bien sûr de l’avenir des salariés, mais aussi du maintien du peu qu’il reste du tissu industriel de la Pointe, sans oublier de l’égalité de traitement avec le personnel d’Electrolux qui a bénéficié d’un soutien sans faille de la part des autorités…  

Laurent Bouvier

vendredi 26 avril 2013

Amnistie sociale : le gouvernement est contre !

Dans un département comme les Ardennes, où 8 personnes ayant participé à la grande manifestation du 28 octobre 2010 contre la "réforme" des retraites sont toujours poursuivies pour "dégradation et violences envers les forces de l'ordre" par le ministère public qui a jugé bon en avril 2012 de se pourvoir en cassation après leur relaxe par la Cour d'appel de Reims, le refus catégorique du gouvernement de mettre en place une amnistie sociale ne devrait pas passer inaperçu. Et ce d'autant que sa justification, telle que rapportée entre autres par le Huffington Post, repose sur une base exclusivement dogmatique qui fait fi des contextes locaux souvent très particuliers permettant de comprendre bien des débordements...    

"Le gouvernement est défavorable à l'amnistie de délits commis lors de mouvements sociaux, a déclaré mercredi 24 avril le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. Alors que la proposition de loi communiste en ce sens, déjà adoptée au Sénat, doit désormais être examinée à l'Assemblée, Alain Vidalies a déclaré sur France Info : "La position du gouvernement dans ce débat sera non, nous ne sommes pas favorables à cette amnistie, ni à aucune autre". "Ca a été la position du président de la République depuis l'origine et ce qui se passe en ce moment montre qu'il faut avoir une seule réponse, le respect de la loi républicaine pour tous", a dit Alain Vidalies, alors que se multiplient des incidents en marge de manifestations contre le mariage homosexuel. 

"Le droit à manifester, le droit à faire grève sont", a-t-il ajouté, "des grands principes constitutionnels". "Mais justement, pour respecter la force de ces principes, il ne faut pas permettre en quelque moment que ce soit des débordements" qui "entrent dans le champ de la loi pénale", a encore déclaré le ministre. "Je suis très clair: la réponse que donnera le gouvernement quand ce texte viendra à l'Assemblée", le 16 mai "sera une réponse défavorable", a insisté Alain Vidalies. "Le gouvernement manifestera son opposition claire et ferme à toute forme d'amnistie". Par ailleurs, les députés socialistes ont annoncé qu'ils ne voteront pas la proposition de loi sur l'amnistie des délits commis lors de mouvements sociaux. Le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, l'a annoncé ce matin sur BFMTV. 

La commission des lois de l'Assemblée devait examiner mercredi le texte adopté de justesse au Sénat le 27 février et visant à l'amnistie des délits pour des faits commis lors de mouvements sociaux. Le Front de gauche, appuyé par la CGT, s'était fortement mobilisé pour ce texte, organisant une manifestation devant le Sénat. Son ex-candidat à l'Elysée Jean-Luc Mélenchon est un des grands défenseurs de cette amnistie, combattue au Palais du Luxembourg par la droite et les centristes."
(communiqué du Huffington Post, 24 avril)



jeudi 25 avril 2013

Interco Nord Ardennes : les conséquences fiscales seront révélées demain...

Dans 2 gazouillis, comme il convient de dire en bon français lorsqu'on ne veut pas utiliser le mot anglais tweet, rédigés il y a environ deux heures, on apprend qu'un article sera publié demain dans notre quotidien départemental afin de rendre compte des conclusions du cabinet KPMG mandaté par la Communauté de communes Ardenne Rives de Meuse sur les conséquences fiscales de la mise en place d'une grande intercommunalité dans le Nord Ardennes. Pour le moment, il est encore trop tôt pour les détailler, mais à la lecture du contenu de ces petits messages électroniques, il semblerait que l'on aille vers des révélations qui ébranleront les certitudes affichées jusqu'ici par certains. Une première étape dans la bataille de chiffres qui se prépare, qui sera suivie à n'en pas douter par d'autres annonces qui n'iront pas dans le même sens, mais que le PG/La Pointe vous conseille néanmoins de ne pas rater...


Florange : clap de fin pour les hauts-fourneaux !

Après 20 mois de lutte sociale et de polémiques, la Lorraine tourne mercredi une page de son histoire industrielle avec la mise à l'arrêt définitive des hauts fourneaux de Florange, une étape symbolique que certains syndicalistes veulent célébrer par la pose d'une stèle en mémoire des "promesses non tenues" de François Hollande. "Pendant qu'on posera cette stèle, derrière nous, ils seront en train de porter le dernier coup dans la mise à mort de notre outil de travail", a résumé mardi Walter Broccoli, représentant FO ArcelorMittal à Florange. Le gaz alimentant les quatre tours de chauffe encore en état de marche dans les deux cathédrales d'acier du site d'ArcelorMittal, le P3 et le P6, sera coupé entre mercredi et jeudi, au cours d'une procédure qui durera 48 heures. "Ça veut dire qu'on ne pourra plus redémarrer les hauts fourneaux, à moins d'investir dans de nouvelles installations", analyse François Lopera, de la CGT.
 
La procédure complète de mise sous cocon de l'usine à chaud, qui devrait être achevée d'ici fin juin, comprend l'arrêt et la consignation de toutes les installations de la "phase liquide" de Florange, ainsi que la mise en sécurité du site. Cette fermeture d'une partie de l'usine, qui conserve ses activités dites à froid (packaging et automobile), était prévue dans l'accord conclu fin novembre entre le gouvernement et le numéro un mondial de l'acier, qui la jugeait inéluctable en raison du contexte économique. Ce texte prévoyait également qu'il n'y aurait aucun licenciement sec pour les 629 salariés concernés (sur les quelque 2.500 du site), 206 d'entre eux ayant atteint l'âge de la retraite depuis la signature de l'accord, alors que la promesse de reclassement des 423 salariés encore en activité sera l'objet des prochaines négociations sociales. L'accord prévoyait par ailleurs l'engagement d'ArcelorMittal d'investir 180 millions d'euros en cinq ans dans la filière à froid. "Ces engagements seront tenus et j'en serai, avec le gouvernement, le garant", a assuré François Hollande en décembre.
 
Mais pour les syndicats, qui reprochent au gouvernement d'avoir capitulé face à la stratégie industrielle à court terme de Mittal, cet accord est un échec. C'est ce qui a valu au Premier ministre Jean-Marc Ayrault d'être qualifié de "traître" par Edouard Martin, militant CFDT devenu le chef de file médiatique du combat des "Florange". Après l'abandon du projet Ulcos visant à réduire les émissions de CO2 dans le processus de fabrication de l'acier et dans lequel les salariés de Florange voyaient le dernier espoir de sauver les hauts fourneaux, ArcelorMittal a assuré qu'il poursuivrait ses programmes de recherche en France, autour d'un nouveau projet baptisé Lis. Lundi, le groupe a annoncé 32 millions d'euros supplémentaires d'investissements dans ce programme par le biais d'un partenariat public-privé, mais les possibles applications industrielles ne seront pas connues avant six ans, durée de la mise sous cocon des hauts fourneaux. En 2009, une stèle en mémoire des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy avait été érigée après la fermeture de l'aciérie voisine de Gandrange.
(dépêche AFP, 24 avril 2013)
 
 

mercredi 24 avril 2013

Quand les députés transforment l’Assemblée Nationale en cour d’école !

Cela s’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, lors de l’examen du projet de loi sur le mariage pour tous. Vers une heure du matin, alors que les esprits étaient bien échauffés, des députés UMP demandaient des comptes au gouvernement sur l’action de la police face aux manifestants. Soudain, apparemment excédés par une mimique d’un collaborateur de la ministre de la Justice Christiane Taubira, ils se sont précipités vers les bancs du gouvernement en criant « dehors, dehors ». Les huissiers et le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, ont alors dû s’interposer pendant que le Président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, suspendait immédiatement la séance. Une décision on ne peut plus logique, mais qui a eu pour effet d’entraîner une coupure des caméras ! Il n’y a donc aucune image de ce vif moment de confusion au cours duquel, d’après un député PS, des coups de poing seraient partis. Toutefois, comme vous pouvez le voir sur les 2 vidéos ci-dessous, les minutes qui ont précédé ce lamentable spectacle ont été filmées, de même que le rappel au règlement et au bon sens qui a été fait par Claude Bartolone après la reprise de la séance





L’incident est donc clos, mais il faut bien reconnaître que les députés n’en sortent pas grandis ! A un moment où la politique et les élus ont plus que jamais besoin de redorer leur blason, il est même particulièrement malvenu. Heureusement, il n’a pas atteint le degré de gravité de ceux qui se sont déroulés dans des pays où on laisse tourner les caméras en cas d’échauffourées comme par exemple en Corée du Sud en juillet 2009 à propos d’une réforme des médias ou encore en Ukraine le mois dernier lorsque le chef de la majorité a ouvert la séance en parlant russe et non pas ukrainien, mais il ne manquera pas de laisser des traces dont on peut hélas être sûr que le FN saura profiter…

Laurent Bouvier

 

mardi 23 avril 2013

L'impuissance des élus ardennais face aux revendications des associations ouvrières

Vendredi dernier, une réunion a eu lieu à la salle des fêtes de Monthermé à l'initiative d'un rassemblement d'associations ouvrières d'ex-entreprises ardennaises mises en liquidation comme Lenoir et Mernier, LCAB, Ardennes Forge, Raguet, Artis, Thomé-Génot, Oxame, Ideal Standard. Son objectif ? Recueillir les réponses et les actions précises des élus aux 11 propositions concrètes (pour en prendre connaissance, cliquez ici) faites le 1er février à l'issue d'une interpellation directe - une première en France - de la classe politique départementale dans sa totalité par d'anciens salariés victimes de patrons voyous ou de délocalisations ayant décidés d'être acteurs de leur destin plutôt que de rester spectateurs sceptiques et raleurs.
Couverte par L'Ardennais, La Semaine des Ardennes et même France 3 Champagne-Ardenne, cette initiative qui a été suivie par une petite quinzaine de spectateurs a-t-elle obtenu les résultats escomptés, c'est-à-dire non pas des discours politiciens, des promesses sans lendemain ou de la compassion sans solution mais l'annonce de mesures précises permettant de lutter contre les causes et les conséquences du chômage ? Hélas non, et ce pour trois raisons ! La première est que les élus qui ne s'étaient pas faits prier pour participer à la première réunion n'ont été que 7 à honorer la deuxième de leur présence : par ordre alphabétique, le maire de Monthermé Alain Bernard, le conseiller général de Nouzonville Pierre Cordier, le député Christophe Léonard, le conseiller régional Jean-Marie Meunier, le conseiller général-maire de Bogny-sur-Meuse Erik Pilardeau, le conseiller général Boris Ravignon et enfin le conseiller général-maire de Givet Claude Wallendorff.
Par contre, aucun sénateur, aucun député UMP, aucun élu de Revin pas plus d'ailleurs que de Charleville-Mézières ! Une vraie déception, d'autant que dès l'étude de la première proposition faite le 1er février, à savoir la création d'un service emploi de proximité dans les communes, aucun des élus présents n'a été en mesure de présenter une mesure concrète, à l'exception notable de Claude Wallendorff qui a mis en avant la création dans la ville dont il est le maire d'un P.L.I.E. (plan local d'insertion par l'emploi) qui dispose de 4 salariés grâce à la mobilisation de fonds européens. Les autres se sont contentés de rappeler que la mise à disposition de personnel relève de Pôle Emploi, que le dispositif régional "espace métiers" possède déjà une antenne à Revin et que ce n'est pas tant de structures d'accueil décentralisées mais d'emplois dont ont besoin les chômeurs. Une entrée en matière qui a été suivie par de (trop) longs verbiages politiciens au cours desquels tout ce beau petit monde s'est mis d'accord pour regretter l'absence de représentants de l'Etat et pour constater qu'aucun des élus n'était à même de répondre aux 11 propositions du fait du saucissonnage de leurs compétences.
Il n'en fallait pas plus pour que Pierre Cordier suggère qu'une réunion soit organisée, en présence des services de l'Etat, dans les locaux du Conseil Général sur les propositions relevant de son ressort, et ce avant le 15 juin. Aussitôt, Jean-Marie Meunier lui a emboîté le pas en fixant au 14 mai une rencontre sur les mêmes bases à la maison de la Région à Charleville-Mézières. Pour le PG/La Pointe qui n'est pas dupe de la manœuvre, on a donc eu droit à un magnifique bottage en touche, comme on dit au rugby, qui a permis aux élus de gagner un peu de temps mais qui a surtout révélé leur impuissance à apporter des réponses concrètes aux problèmes quotidiens que connaissent les chômeurs...
Laurent Bouvier

samedi 20 avril 2013

Dans L'Ardennais d'hier...

(pour une meilleur lecture de cet article détaillé portant sur une nouvelle réduction du service public dans la Pointe, vous pouvez l'agrandir en faisant un clic gauche dessus) 

J’aime le foot et je l’assume !


Ce soir, je serai devant mon poste de télévision et je regarderai la finale de la coupe de la ligue opposant Saint-Etienne, que j’espère bien voir gagner, à Rennes. Si je l’écris, c’est que j’en ai plus qu’assez d’entendre dans la bouche de gens de gauche bien habillés que le football n’est qu’un sport de beaufs. J’en ai ras la casquette d’être rangé automatiquement au même niveau que quelques nazillons pollueurs de stades. J’aime le foot, je n’en ai absolument pas honte et voilà pourquoi !

J’aime le foot d’abord parce que c’est un spectacle dont on ne connaît jamais l’issue à l’avance. C’est comme aller au théâtre, mais sans connaître l’affiche, sans savoir si la pièce qui sera jouée sera une tragédie ou une comédie. Va-t-on rire, va-t-on pleurer, impossible de le dire en entrant dans le stade. J’aime le foot également parce que c’est un jeu qui peut prendre des allures de chorégraphie quand il est bien exécuté, avec des enchaînements qui laissent rêveur et un rythme parfois époustouflant. J’aime aussi le foot parce que c’est l’exutoire sans conséquences d’une mauvaise foi absolue qui fait du bien : si un joueur de notre équipe tombe dans la surface de réparation, il y a forcément penalty même s’il en a rajouté un peu, voire beaucoup ; de la même façon, si l’adversaire marque, il y a forcément hors jeu même si le buteur est parti de sa moitié de terrain.

En plus, j’aime le foot parce qu’il y a bien plus d’intelligence dans les propos d’Eric Cantona ou de Vikash Dhorasoo que dans ceux d’un Gérard Depardieu ou d’un Fabrice Lucchini, même si tant de gens diffusent le cliché qu’un bon acteur est forcément un intellectuel et qu’un footballeur est forcément un crétin qui ne sait pas aligner trois mots d’affilée. Dans le même registre, j’aime le foot parce que pour quelques abrutis néo-fascistes qui ne trouvent rien de mieux à faire que de jeter des peaux de banane à des joueurs africains, la grande majorité des supporters savent montrer dans les stades leur ouverture d’esprit comme le kop bordelais du virage sud qui a déployé il y a quelques jours une banderole contre l’homophobie ou encore les « South Winners » de Marseille qui luttent depuis de nombreuses années contre le fascisme !

Surtout, j’aime le foot parce que, contrairement à ce que beaucoup croient, les footballeurs sont des prolétaires. Certes, les salaires d’Ibrahimhovic ou de Beckam sont indécents, surtout en cette période de crise ! Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Derrière ces stars (remarquez que si on lit ce mot à l’envers, cela donne rats) qui accaparent les feux de la rampe et les contrats publicitaires, beaucoup de joueurs nés dans la misère ont trouvé dans ce sport un moyen de s’en sortir. Evidemment, comme dans toute activité capitaliste, les rapaces guettent et organisent des filières de recrutement qui s’apparentent à la traite négrière. Je sais qu’ils vont même plus loin en mettant en place des systèmes de dopage à grande échelle, sans considération aucune pour la santé des footballeurs qui parfois y laissent leur vie. Raison de plus pour avoir de la compassion pour ces gladiateurs des temps modernes à qui l’on promet richesse et gloire, alors que la plupart ne connaîtront que l’épuisement, la déception, et une carrière courte qui ne leur laissera en guise de récompense qu'un corps meurtri.

Laurent Bouvier



vendredi 19 avril 2013

La diabolisation de Mélenchon ou la machine à blanchir Marine Le Pen


"Une campagne sournoise se fait jour qui consiste à diaboliser Jean-Luc Mélenchon et à l’assimiler en permanence à Marine Le Pen, au nom de la dénonciation des « populismes » (sic). Mais en quoi le FDG est-il comparable au FN ? Que cherchent ceux qui blanchissent ainsi la dirigeante de l’extrême droite ? Maintenant, on ne dénonce plus l’extrême droite, ou rarement, mais « les extrêmes » .C’est pratique, « les extrêmes ». On peut y mettre tout et n’importe quoi. On peut notamment y mélanger le FDG et le FN, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.  En vertu de quoi on en conclut soit que les deux mouvements susdits sont également dangereux pour la démocratie, soit qu’ils sont tous les deux critiquables mais respectables. C’est injurieux pour l’un, inespéré pour l’autre, et dangereux pour tous. 
   
L’affaire a commencé par le recours massif au mot « populisme », l’une des plus belles arnaques de la vie intellectuelle, le mot fourre tout utilisé par l’élite quand elle ne sait plus comment expliquer la sécession des peuples. En 2005, la victoire du Non au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen (TCE) avait été le point d’orgue de cette campagne. A l’époque, quiconque ne succombait pas au charme inhérent à l’Europe des marchés était immédiatement traîné devant la haute cour de justice intellectuelle pour « populisme ». Accessoirement, il était accusé de souverainisme, d’archaïsme, de nationalisme, et de fascisme latent au choix. Depuis, la crise aidant, l’adjectif diabolisant est mis à toutes les sauces. Le Chavisme ? Populisme. Le laminage de « l’expert » Mario Monti en Italie ? Populisme. Le rejet de la Troïka qui fait passer les pays d’Europe sous la toise de l’austérité ? Populisme. Les protestations des Chypriotes face au régime qu’on leur applique ? Populisme. La contestation de la potion néolibérale appliquée un peu partout, soit à la hache (comme en Grèce) soit par asphyxie progressive (comme en France) ? Populisme. 

Et voilà comment on en arrive à mettre dans le même sac le FDG et le FN, autrement dit ceux qui critiquent des choix qu’ils jugent intrinsèquement mauvais, et ceux qui entendent surfer sur la vague du mécontentement pour faire grossir leur pelote de haine. C’est un moyen très efficace de refaire une virginité politique (et morale) à Marine Le Pen, qui ne s’attendait sans doute pas à un tel traitement de faveur. Quoi qu’on pense de Jean-Luc Mélenchon, il est reconnu comme un homme de gauche respectueux des valeurs républicaines. On peut ne pas être d’accord avec tout ou partie de son message. On peut trouver qu’il savonne parfois la planche où il est installé avec des formules à l’emporte pièce. Mais rien ne permet de lui faire un procès ad hominem et de mettre en cause son attachement aux droits de l’homme.

Mélenchon n’a jamais utilisé le « tous pourris » dont d’autres se complaisent. Son appel à une VIème République rejoint ceux déjà exprimés par Arnaud Montebourg ou Eva Joly, voire d’une autre manière par François Bayrou. On ne sache pas qu’il y ait quelque crime à vouloir rénover des institutions qui sont à la moralisation de la vie publique ce que Jérôme Cahuzac est à la lutte contre la fraude fiscale. En tout cas, rien de ce que dit le FDG ne peut être comparé à la démagogie d’un Front National qui détourne la colère populaire vers le rejet de l’autre, alimentant le réflexe xénophobe, le repli identitaire, voire le racisme larvé qui demeurent dans l’ADN de l’extrême droite.

Nonobstant ces différences qui devraient interdire toute forme d’assimilation, les médias, les commentateurs, les dirigeants politiques, les « experts » renvoient systématiquement dos à dos le FDG et le FN, quand ils ne les associent pas dans le même opprobre. Ainsi, Le Monde multiplie les allusions aux « populismes concurrents ». L’historien  Pierre Birnbaum y explique que le « populisme » de Mélenchon, s’il ne relève pas de l’antisémitisme stricto sensu, le nourrit indirectement. Dans un récent éditorial, Le Monde va même jusqu’à écrire : « La crise, autant que le scandale Cahuzac, donne prétexte à tous les procureurs à la petite semaine, comme à tous les partisans, à l’extrême gauche comme à l’extrême droite, d’un grand coup de balai ». Vous avez besoin d’un dessin ?

Serait-ce trop demander que de plaider pour un retour à un minimum de sérénité afin de ne pas mélanger les choux et les carottes, les révoltés et les apprentis sorciers, les indignés et les bornés, les militants de la gauche radicale et les affidés de l’extrême droite pure et dure ? Tout le monde y gagnera, à gauche comme dans la droite républicaine. La seule qui pourrait y perdre est Marine Le Pen. Mais qui s’en plaindra?"      

(Jacques Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, 17 avril 2013)

jeudi 18 avril 2013

Aubrives : les mauvais comptes du bonimenteur de service !

Jeudi dernier, à 18h30, a eu lieu une séance du Conseil municipal d’Aubrives qui a été suivie par 10 habitants de la commune et à laquelle ont participé pas moins de 9 élus sur les 13 encore en fonction. A l’ordre du jour figuraient 28 points, dont l’essentiel relevait des affaires financières puisque les différents comptes administratifs de l’année 2012 - c'est-à-dire les recettes et les dépenses effectivement réalisées – ainsi que les budgets primitifs pour l’année 2013 – c'est-à-dire les recettes et les dépenses normalement estimées de façon sincère – devaient être examinées. Une séance plutôt rébarbative donc, surtout pour ceux qui sont allergiques aux chiffres, qui a duré plus de 3h30 et qui a donné lieu à des échanges parfois un peu vifs ! Que faut-il en retenir ? Comme vous pourrez l’entendre sur l’enregistrement intégral qui figure ci-dessous et qu’il m’a fallu couper en 2 parties pour des raisons techniques, plusieurs choses dont les principales me semblent être les suivantes. 

D’abord, après les remarques que j’ai émis sur le compte administratif de la commune (9min04sec à 21 min14sec) et qui portaient principalement sur le non-entretien de la voirie (11min20sec à 12 min17sec), le nouveau dérapage de la ligne fêtes et cérémonies (14min48sec à 17min15sec) et l’envolée des frais de nettoyage des locaux par des entreprises prestataires (17min28sec à 19min11sec), un conseiller municipal s’est livré à une violente charge contre le boulanger local et contre les employés communaux (21min16sec à 27min40sec) avant que notre bon maire tente de justifier bien maladroitement, pour ne pas dire niaisement, sa gestion passée. Pourquoi de tels adverbes ? Parce qu’il a osé affirmer, d’une part que dépenser plus de 27.000 euros pour les fêtes et cérémonies au lieu des 20.000 prévus (32min20sec à 33 min02sec) n’était pas important au regard du budget de la commune, et d’autre part que les frais de nettoyage de 16.942 euros ne pouvaient pas être remplacés par une embauche (33min58sec à 34min40sec) puisqu’un SMIC – selon lui – coûte 30.000 euros ! Des inepties, qui m’ont obligé (38min40sec à 39min38sec) à rappeler quelques ordres de grandeur, ce qui, je l’avoue, ne m’a pas valu que des amis.

Ensuite, la discussion sur le budget primitif 2013 de la commune (1h07min20sec à 1h16min21sec) qui m’a permis de mettre en avant trois points et contre lequel j’ai voté en expliquant pourquoi (1h16min34sec à 1h18min08sec) a été l’occasion d’apprendre que « l’équilibre du budget de la salle se fera grâce à un reste à payer en 2014 » (c’est la prochaine municipalité qui va être contente !) , que ce sera « probablement sans emprunt » (l’adverbe n’est évidemment pas sans importance) mais que le recours à « une ligne de trésorerie » (ce qui n’est jamais qu’un emprunt à court terme) s’imposerait certainement (1h14min à 1h16min21sec). Ce qui a donné lieu à un moment d’anthologie puisque l’adjoint aux fêtes qui a un rapport particulier avec les chiffres en a alors déduit que la salle était donc gratuite. Une bouffonnerie à l’état pure ! De façon assez étrange, le vote a été suivi d’un échange à bâtons rompus, dont on aurait pu logiquement s’attendre à ce qu’il ait eu lieu avant, au cours duquel on a appris que la motivation d’une dépense était non pas son utilité mais son taux de subvention et qu’aux yeux de certain, aveuglé par je ne sais quelle vieille rancœur, absolument rien n’avait été fait par le maire ayant dirigé la commune de 1995 à 2008 (1h26min14sec à 1h28min50sec).

Puis, la suite de la séance a permis d’accorder à de nombreuses associations, y compris pour des raisons qui n’auront échappé à personne à l’une des plus actives mais aussi des plus maltraitées de la commune depuis plusieurs années, des subventions pour un montant total de plus de 63.000 euros. Une générosité dont a profité comme tous les ans le Comité des fêtes, malgré des comptes visiblement incomplets que son Président, Mustafa Hassani, a été incapable de préciser (fin du 1er enregistrement à partir de 1h57min37sec et début du 2ème enregistrement jusqu’à 4min57sec) lorsque la demande lui en a été faite ! Il y a eu ensuite un deuxième moment d’anthologie (23min56sec à 24min08sec) lorsque notre brave maire, Gilbert Leclercq, après une diarrhée verbale sans aucun rapport avec l’ordre du jour, a eu l’outrecuidance d’affirmer : « pour moi, on ne persuade pas en mentant, on est discrédité, on est disqualifié en mentant. A Aubrives, la municipalité fait preuve d’honnêteté et de transparence dans sa communication ». De tels propos dans la bouche de celui qui a été pris en flagrant délit de mensonge (voir l’article publié sur ce blog le 10 avril dernier en cliquant ici) dans une affaire qui aurait pu coûter la vie à un homme et dont il n’a toujours pas pris conscience de la gravité puisqu’il préfère en rire (25min06sec à 26min28sec) est proprement scandaleux et justifie l’appellation de « Pinocchio de la Pointe » que j’ai déjà entendu utiliser à son égard. 

Enfin, le reste de la séance s’est terminé par des demandes de subvention pour d’éventuels travaux que la municipalité élue en 2014 pourrait engager, à savoir la réfection de la rue des orsières et la mise en accessibilité de la mairie. Il a été aussi l’occasion pour un conseiller de faire la proposition, farfelue à mon sens, d’installer une mairie annexe (35min43sec à 36min45sec) dans la maison des associations qui est située à environ 250 mètres de la mairie actuelle. Et pour finir, il a permis à l’association La Bistaille, qui s’était engagée dans un réaménagement bienvenu mais visiblement supérieur à ses capacités financières de l’ancienne décharge située en bordure de la route de Hierges, de commencer à refiler le bébé (38min36sec à 46min) d’un montant de plus de 173.000 euros à la mairie. Au total, c’est donc une longue réunion qui a eu lieu, avec à la clé la confirmation des dérives comportementales et financières de l’actuelle majorité municipale…

Laurent Bouvier
 

mardi 16 avril 2013

Vireux-Molhain : la fermeture de la gare sur les rails !


La ligne ferroviaire Charleville/Givet n’en finit plus de faire parler d’elle ! Après les différentes actions menées pour obtenir sa réfection - et ainsi éviter que les TER récemment mis en service par la Région ne soient obligés de circuler à 10 ridicules kilomètres/heure sur un tronçon- qui ont amené RFF (Réseau Ferré de France) à envisager des travaux pour un montant de 139 millions d’euros, voilà que la présence humaine dans les gares de cette ligne qui est la plus fréquentée régionalement est dans l’œil du cyclone. Ainsi, sous prétexte d’une ouverture à la concurrence en 2015, la SNCF a déjà réduit ces derniers mois la présence de son personnel dans les gares de Charleville-Mézières, Nouzonville, Fumay, Revin et Givet. Une réalité dénoncée il y a quelques semaines d’abord par Franck Tuot, conseiller régional communiste, dans un courrier adressé au directeur régional de la SNCF, puis par Jean-Paul Bachy lui-même. Une réalité reconnue le 28 février 2013 par Patrick Auvrèle, le directeur de la SNCF pour la Champagne-Ardenne, dans une réponse où il explique le plus sérieusement du monde qu’il s’agit « d’adapter l’organisation de la vente des gares à la fréquentation effective des guichets tout en veillant à rester à une organisation quasi-équivalente ».

Le beurre et l’argent du beurre en quelque sorte. Mais le plus grave est ailleurs ! En effet, si l’on en croit des rumeurs récurrentes venant des syndicats de cheminots, la gare de Vireux-Molhain serait la principale victime de cette réorganisation puisque sa fermeture serait purement et simplement envisagée. Et ce à très court terme puisque la date du 02 mai était fréquemment avancée ! De quoi faire réagir les défenseurs locaux du service public qui sont montés au créneau pour faire part de leur vif mécontentement. Cela a eu pour effet d’amener la direction régionale de la SNCF à préciser ses intentions qui seraient de « mettre en place une expérimentation d’une vente sur rendez-vous ». Ainsi, « deux jours par semaine, l’ouverture se fera à la carte » après « une prise de rendez-vous auprès du Centre de Relation Clientèle ». Ce système, effectif à compter du 07 mai, conduirait donc à remplacer les 16h15 d’ouverture actuelle à tous les usagers réparties sur 5 matinées (à partir de 07h45) par 13h30 concentrées les mardis et les mercredis aux seuls usagers ayant pris rendez-vous au plus tard le vendredi précédent avant 11h00 !

Un service quasi-équivalent, d’après la SNCF, à celui qui existait, à cela près qu’il risque fort d’être déstabilisant pour les personnes âgées et problématique pour les usagers amenés à faire un déplacement non programmé. Certes, il restera toujours la possibilité d’utiliser le distributeur (lorsqu’il n’est pas en panne) ou d’aller à la rencontre du contrôleur dans le train. Mais, pour le PG/La Pointe, cela ne remplacera jamais la présence d’un agent dans la gare, dont on sent bien qu’elle n’est désormais qu’en sursis. Alors, à quand sa fermeture définitive ? Pour le moment, c’est difficile à dire, mais sachant que la SNCF donne maintenant clairement la priorité à la rentabilité économique sur l’utilité sociale, cela ne saurait hélas trop tarder…

Laurent Bouvier

samedi 13 avril 2013

Tout sur le patrimoine de Mélenchon, et même un peu plus...

"Je m’appelle Jean-Luc Mélenchon. Je suis né le 19 aout 1951 à Tanger au Maroc. Je mesure 1,74 M. Je pèse 79 kilos. Ma taille de chemise est 41/42.  Ma taille de pantalon est 42. Je chausse du 42. Tous mes cheveux sont naturels et ils ne sont pas teintés. Je n’ai pas hérité d’un château où me loger, ni d’un parti politique créé par mon père. Je ne fais pas semblant d’habiter Hénin-Beaumont, je n’ai ni voiture ni chauffeur. Mon père n’a jamais été condamné pour fraude fiscale. Aucun de mes conseillers n’ouvre de compte en Suisse pour des tiers.

Mon patrimoine a fait l’objet de publication dans toute la presse pendant la campagne présidentielle. Y compris dans l’Express en dépit du ton haineux sur lequel étaient posées les questions. Vous trouverez ci-dessous les autres liens où découvrir ces informations cruciales. Mon patrimoine  a été déclaré et contrôlé à mon entrée et sortie du ministère de l’enseignement professionnel. Il a déjà été déclaré à mon entrée et sortie du Sénat ainsi qu’à mon élection comme député européen et corrigé par moi à mesure de son évolution auprès de l’autorité indépendante dont c’est la mission officielle. Je n’ai naturellement jamais refusé de le faire connaître. Non par goût, mais du fait de la malveillance que la moindre pudeur en la matière déchaîne chez les « Médiapart » du pauvre que sont les organes de presse qui exigent ce genre de publication (www.lexpress.frwww.parismatch.comwww.linternaute.com…).

Et je le donne à connaître de nouveau connaissant la malveillance dont je suis entouré en permanence par les lettres anonymes diffusées par l’extrême droite, parfois relayées par des socialistes, et les insinuations malveillantes de monsieur Alliot. Je ne cumule aucun mandat. Naturellement, je ne cumule pas l’indemnité de sénateur et celle de député européen d’une part parce que j’ai démissionné de mon mandat de sénateur en 2009 et d’autre part parce que ce cumul est interdit par la loi.  Je ne touche aucune retraite sur mes activités passées, quoi que j’en aie l’âge, car j’estime avoir un revenu suffisant et que je suis solidaire. Je suis propriétaire de mon appartement à Paris, 76 m2, trois pièces dans le 10ème arrondissement acquis pour 346 750 Euros en 2006. D’une maison de campagne dans le Loiret achetée 92 000 Euros en 1996. Inclus les héritages de mes deux parents décédés il y a cinq ans, la vente de ma permanence en Essonne, moins mes crédits, mon épargne nette est donc de 150 000 euros. 

Je les ai prêtés au Front de gauche pour la campagne présidentielle, ils viennent de m’être remboursés. Je compte les utiliser pour changer d’appartement, ce dont je tiendrai le grand public immédiatement informé dès que cela sera fait. Mais je ne m’engage pas à inviter la presse à la pendaison de crémaillère. Mes droits d’auteurs sont versés à l’association « Politique à gauche » et au Parti de Gauche. Je n’ai pas de tableaux, de voiture, de bateau, ni de bicyclette, ni de chevaux. J’ignore la valeur des œuvres d’art que j’ai réalisée avec mon pinceau, mon crayon ou mon appareil photo. J’estime qu’il s’agit d’une valeur considérable. Je possède 12 000 livres de toutes sortes que j’ai commencé à accumuler dès mes quatorze ans. Ma banque depuis trente-cinq ans est la Caisse de crédit Mutuel de Massy. Je cherche à acheter plus grand dans mon quartier et je remercie ceux qui peuvent me faire une offre intéressante."
(billet posté sur le blog de Jean-Luc Mélenchon le jeudi 11 avril 2013)

jeudi 11 avril 2013

Une explication de vote qui mérite d’être connue

« Le Projet de loi sur la sécurisation de l’emploi est la transcription de l’Accord National Interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier dernier. Cet accord est le produit de la démocratie sociale, qu'évidemment j’encourage. Mais cela ne m’empêche pas cependant en tant que Député des Ardennes d’avoir une appréciation globale de l’équilibre de cet accord. C’est même ma responsabilité. La démocratie sociale ne doit pas conduire à anesthésier les droits du Parlement, ni à lui retirer la faculté de se prononcer et de légiférer sur des sujets majeurs comme les évolutions structurantes de notre marché du travail.

Dans sa philosophie générale, cet accord me pose problème car il entérine le postulat libéral que le chômage serait avant tout lié à un manque de flexibilité sur le marché du travail. Je conteste cette analyse. La décision d’Electrolux de fermer son site de Revin et de supprimer toute production industrielle en Europe de l’ouest en est une parfaite illustration. Nous ne pouvons pas encourager à gauche la légitimation de ce discours dogmatique qui n’a d’autre finalité que de pousser à démanteler encore plus les droits des salariés, en France comme en Europe. Agissons au contraire pour qu’enfin l’Europe soit le symbole de la solidarité, de la régulation sociale, fiscale et environnementale mais aussi l’organisatrice d’une véritable politique industrielle !

Dans ce Projet de loi de transposition de l’ANI, les éléments obtenus par les salariés, parce qu’ils soulèvent des interrogations sur leurs conséquences, ou parce qu’ils sont pour l’instant renvoyés à des négociations ultérieures, pèsent incontestablement moins dans la balance que les avancées pour les employeurs en termes d'augmentation de la flexibilité (facilitation de la mobilité interne, simplification et encadrement dans le temps des procédures de licenciement, diminution des délais de prescription pour les recours en justice contre l'employeur, etc…). 

Plusieurs modifications structurantes pour le marché du travail me posent à cet égard souci :
- ainsi la prime à la négociation d’entreprise peut donner l’impression de faire fonctionner à plein le dialogue social, mais elle n’est dans la réalité pas favorable aux salariés, puisque les syndicats sont plus faibles et souvent moins formés au niveau de l’entreprise qu’au niveau interprofessionnel ou de branche
- les clauses essentielles du contrat de travail peuvent être remises en cause en cas d’accord d’entreprise mais sans l’accord du salarié et en cas de refus de celui-ci, le motif du licenciement est personnel. Ce qui pose la question de la comptabilité avec un certain nombre de normes internationales. Le risque est par conséquent que le contrat de travail individuel s’efface derrière les intérêts de l’entreprise, alors que le droit du travail est censé protéger le faible, en donc le salarié.

Ce déséquilibre de la balance en défaveur des salariés s’inscrit en outre quelques mois seulement après avoir décidé 20 milliards d’euros de crédits d’impôt aux entreprises sans fléchage ni contreparties. Cet élément est aussi à intégrer dans l’appréciation de l’équilibre général de l’accord. J’ai par conséquent cosigné avec une trentaine de collègues Député(e)s plusieurs amendements dans le but de corriger ce déséquilibre. Aucun n’a été retenu. C’est pourquoi, j'ai voté ce mardi 9 avril 2013 en première lecture à l’Assemblée nationale CONTRE le Projet de loi sur la sécurisation de l’emploi. »
(communiqué de Christophe Léonard, député PS de la 2ème circonscription des Ardennes)

mercredi 10 avril 2013

Aubrives : où s’arrêtera le scandale du logement insalubre ?


Souvenez-vous, c’était le 11 décembre dernier ! Ce jour-là, L’Ardennais révélait dans un article intitulé « sous curatelle, il vit 11 ans dans un taudis » qu’un habitant de la commune d’aubrives a résidé pendant plus d’une décennie dans un logement insalubre, au risque d’y perdre sa vie puisqu'une intoxication au monoxyde de carbone y était possible à tout moment, sans que personne ne s’en émeuve : ni la municipalité en place, ni ses tuteurs et encore moins la propriétaire ou sa famille. Un véritable scandale, qui avait fait grand bruit auprès des habitants du village, mais aussi bien au-delà à tel point que la toute nouvelle secrétaire générale de la Préfecture des Ardennes, Eléonore Lacroix, avait jugé utile de réunir l’ensemble des parties prenantes dans ce sordide dossier dès le 02 janvier 2013. Une date qui en disait long sur l’urgence à trouver une solution dans cette affaire où chacun n’avait de cesse de fuir ses responsabilités, notamment le maire de la commune, Gilbert Leclercq, qui avait déclaré au journaliste à l’origine de cette révélation que « ce monsieur n’est jamais venu me voir en mairie, il ne m’a jamais écrit, l’UDAF n’a pas jugé bon de me prévenir ».

A l’issue de la rencontre, aucune décision n’avait été actée, mais un modus vivendi avait été trouvé : un logement serait recherché par la mairie, dans le village même ou dans ses alentours proches, et mis dans les plus brefs délais à la disposition de l’occupant après la signature d’une convention tripartite entre l’organisme de tutelle, le nouveau bailleur et l’ancienne propriétaire qui prendrait bien sûr à sa charge le coût de ce relogement. Un accord acceptable étant donné le montant prohibitif des travaux à réaliser dans l’ancien logement pour le mettre aux normes, mais qui n’a hélas jamais été appliqué. Pourquoi ? Parce que la mairie s’est contentée de proposer 3 logements beaucoup plus petits que la maisonnette occupée par le malheureux locataire et tous situés en habitat collectif ! Dans ces conditions, pour avoir un toit, ce dernier a dû trouver une âme charitable acceptant de l’héberger à titre gratuit … à Volmerange-les-mines, en Moselle. Un moindre mal, en attendant que la situation ne se débloque. C’est ce qui s’est produit le 30 mars lorsque le Préfet, Pierre N’Gahane, a pris un arrêté d’insalubrité irrémédiable assorti d’une interdiction définitive d’habiter les lieux.

Concrètement, comme vous pouvez le voir sur le 2ème document ci-dessous, cela signifie que la propriétaire doit condamner tous les accès au logement et proposer dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’arrêté une offre de relogement définitive correspondant aux besoins de son ancien locataire. A défaut, ce sera à l’autorité publique de le faire, sur les deniers, bien sûr, de la propriétaire. Une solution radicale qui a le mérite d’utiliser la force de la loi pour mettre un terme à cette triste affaire ! Hélas, ce ne sera pas le cas, et ce pour 3 raisons. D’abord,  l’arrêté préfectoral qui comporte 4 pages et qui, d’après son article 7, doit être apposé sur le logement, ne l’a été qu’en partie comme en atteste les 3 photos ci-dessous prises par mes soins il y a 4 jours : l’objet de l’arrêté n’est donc pas visible (document 4), pas plus que le nom de la propriétaire et surtout les motifs ayant conduit à son adoption (document 5). Un hasard ? Certainement pas ! Ensuite, à ce jour, aucune proposition de relogement définitif n’a été faite à l’ancien locataire par qui que ce soit, malgré l’obligation figurant à l’article 3 de l’arrêté. De là à dire que les intervenants s’efforcent d’échapper à leur devoir en faisant le pari de la transformation de l’hébergement provisoire à titre gratuit de la victime en hébergement définitif, il n’y a qu’un petit pas.

Enfin et surtout, il y a maintenant une preuve irréfutable que le maire de la commune, Gilbert Leclercq, a menti d’une façon que n’aurait pas renié Cahuzac lorsqu’il a affirmé au journaliste de L'Ardennais en décembre 2012 ne rien savoir de cette affaire. Laquelle ? Le courrier signé de sa main en date du 25 février 2010 qu’il a adressé à l’UDAF des Ardennes (document 6) et que je me fais un devoir de rendre public ! Après Gilbert Leclercq le pusillanime incapable de prendre une décision sans demander aux frais des contribuables l’avis payant d’experts divers et variés, Gilbert Leclercq le mégalomane qui ne pense qu’à faire construire une cathédrale polyvalente, Gilbert Leclercq le frustré qui s’efforce d’écorner la réputation d’habitants du village auxquels il n’arrive pas à la cheville, voilà donc Gilbert Leclercq l’hypocrite qui n’a pas le courage d’assumer ses actions qui vient d’être démasqué. La question qui se pose désormais est de savoir quelle confiance on peut avoir dans un tel personnage ? Pour moi comme pour ceux qui connaissent la formule "menteur un jour, menteur toujours", la réponse est simple : AUCUNE

Laurent Bouvier







(pour une meilleure lecture des documents, vous pouvez les agrandir en faisant un clic gauche dessus)

mardi 9 avril 2013

Mélenchon appelle à donner un grand coup de balai

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a proposé vendredi une manifestation le 5 mai, un an après l'élection de François Hollande, pour promouvoir la VIe République et donner un "grand coup de balai", en réaction au scandale Cahuzac révélant selon lui la "pourriture" du "système".

"On ne peut accepter que le peuple français humilié (...) ne s'en mêle pas. C'est pourquoi je veux faire la proposition que l'on manifeste le jour anniversaire du deuxième tour de la présidentielle, le 5 mai prochain, que l'on fasse une marche citoyenne pour la VIe République, pour que le peuple s'empare par une Constituante du grand coup de balai qu'il faut donner pour purifier cette atmosphère politique absolument insupportable", a-t-il déclaré sur France Info. "La chaîne du mensonge commence au Parti socialiste et finit au Front national, c'est absolument invraisemblable !", s'est indigné M. Mélenchon. Il faisait référence aux quatre mois de dénégations répétées avant l'aveu de l'ancien ministre socialiste du budget sur la détention d'un compte bancaire à l'étranger, ouvert dans un premier temps en Suisse par un proche de Marine Le Pen, l'ancien avocat et ex-leader du GUD Philippe Péninque. 

M. Mélenchon a récusé le fait d'entretenir un climat de suspicion: "J'ai surtout l'impression de l'exprimer ! Le plus tragique pour moi serait de tenir des discours sur la nécessité d'une VIe République et de fermer les yeux au nom de je ne sais quelle confraternité qui me rendrait suspect". Pour l'ex-candidat du Front de gauche à l'Elysée, le refus de François Hollande de remanier son gouvernement relève du "diagnostic totalement erroné, celui d'un homme débordé par la situation". "Non, ce n'est pas une personne qui a failli, c'est un système qui révèle sa pourriture intrinsèque", a-t-il accusé, parlant d'une "oligarchie (qui) s'est constituée de tout puissants seigneurs et de leurs affidés dans le monde politique et médiatique". 

Dans un communiqué diffusé dans la matinée, le Parti de gauche a dénoncé "un monde de connivence qui unit des amis de l'argent sans odeur à travers tous les partis du système officiel" et "une caste de serviteurs des oligarques qui parle en commun la langue de la finance internationale". Le PG évoque "une longue chaîne de cyniques unis par le mensonge" qui relierait "les Le Pen à Cahuzac", "et un proche du président, son trésorier de campagne, boucher-libraire qui trafique avec un comparse chinois pour ouvrir des comptes offshore !" Une allusion à Jean-Jacques Augier, trésorier de la campagne de François Hollande en 2012, dont Le Monde a révélé jeudi qu'il avait investi dans des sociétés aux îles Caïmans, un paradis fiscal. Ce qui n'est pas illégal. Jean-Luc Mélenchon a espéré vendredi que les "milliers de militants socialistes meurtris" vont "se rapprocher" de lui. 
(dépêche AFP, 05 avril 2013)

dimanche 7 avril 2013

New Allardin : déjà 3 salariés sur le carreau !

Le 07 février dernier, le spectre de la répétition d’un passé que l’on croyait révolu est ressurgi dans les locaux situés au n°1 de la rue de l’industrie à Givet. En effet, on apprenait ce jour là que la société New Allardin Imprimeur, créée le 08 octobre 2010 pour reprendre les activités de la société Allardin Imprimeur qui avait été liquidée en avril 2008 avec 12 licenciements à la clé après avoir elle-même repris en août 2006 Imprimerie Allardin dont les 20 salariés avaient déjà perdu leur travail suite à une première liquidation judiciaire en décembre 2005, faisait à son tour l’objet d’une procédure judiciaire. De quoi raviver la crainte de la disparition d’une imprimerie dont le nom évoque à lui seul la splendeur industrielle que connaissait il n’y a pas si longtemps la cité de Méhul ! Sauf que cette fois, le tribunal de commerce n’a pas prononcé une liquidation judiciaire, qui aurait été la troisième en 7 ans seulement comme l’ont compris ceux qui ont suivi ce petit rappel historique, mais un redressement judiciaire avec une période d’observation de douze mois.

Un répit bienvenu pour cette entreprise bien mal au point dont les exercices 2011 (d’une durée exceptionnelle de 15 mois) et 2012 se sont soldés par des pertes atteignant respectivement  267.858,32 et 145.369,66 euros ! D’après les dires du gérant, Damien Tanase, ces mauvais résultats seraient dus à des problèmes conjoncturels comme les difficultés économiques rencontrées par de gros clients espérés dont les commandes se sont faites attendre, la méfiance d’une partie de l’ancien carnet d’adresses d’Allardin Imprimeur ou encore les pannes à répétition de la principale machine de l’entreprise qui a finalement été reprise par le crédit bailleur. Rien de rédhibitoire donc pour la survie à terme de la société, à condition bien sûr d’augmenter le chiffre d’affaires et d’adapter la voilure à la situation du moment. C’est pourquoi de nouveaux clients ont été prospectés, ce qui aurait permis d’obtenir deux gros marchés d’un montant de 150.000 euros chacun auprès des sociétés MG DIFFUSION et ZERO 8’S, et que le personnel qui comptait dix salariés dont 2 CDD au jour de l’ouverture de la procédure judiciaire a été réduit par la non reconduction d’un CDD et par 2 licenciements pour motif économique qui ont été notifiés jeudi dernier.   
   
Pour une entreprise de cette taille, la cure d’amaigrissement - qui devrait permettre de réaliser une économie de 90.000 euros en année pleine - est donc particulièrement sévère. Pourtant, personne n’en parle ! Par fatalisme ? Non, tout simplement parce que les licenciés qui vont rejoindre la longue cohorte de ceux qui pointent à Pôle Emploi ne sont qu’au nombre de trois. Une goutte d’eau dans le vaste océan des chômeurs actuels et bien peu comparé à la longue liste des salariés des grosses entreprises menacées de fermeture, comme Electrolux à Revin. Pourtant, ces privés d’emploi vont connaître les mêmes affres que les autres chômeurs, le même sentiment de déclassement, le même isolement social ! Pour le PG/La Pointe, il est donc inacceptable qu’ils se heurtent en plus à l’indifférence du reste de la population. D’autant qu’à bien y regarder, leur licenciement n’est pas un gage de pérennité pour New Allardin Imprimeur, étant donné que le gros marché décroché auprès de la société ZERO 8’S peut laisser dubitatif puisqu'il l’a été auprès d’une entreprise qui n’a été créée que le 23 novembre 2012, à Givet, avec un capital social de seulement 5.000 euros.

De là à dire que le Conseil général, le dispositif Alizé et Ardenne Rives de Meuse risquent de ne pas récupérer les généreuses avances d’un montant respectif de 89.000, 70.000 et 49.500 euros qu’ils ont consenties à cette entreprise, il n’y a malheureusement qu’un petit pas qui pourrait bien, hélas, être bientôt franchi…

Laurent Bouvier      

samedi 6 avril 2013

Givet : un beau réaménagement, hélas gâché par un sur-éclairage d'un autre temps !

En quelques années, l'entrée sud de Givet a été complètement métamorphosée ! En lieu et place du feu tricolore qui était la hantise des agents EDF s'adonnant aux déplacements pendulaires, de la grosse bâtisse abandonnée qui servait de squat à on ne sait qui, de la gendarmerie construite dans un style tout à fait inadapté à l'endroit et de la route rectiligne que devaient traverser à leurs risques et périls les serveurs des terrasses situées à proximité de la Meuse, on trouve désormais un giratoire qui fluidifie la circulation, des logements de qualité avec des loyers abordables, une grande place sans verrue architecturale mais avec des perspectives rouvertes et de vastes trottoirs qui éloignent certes les terrasses de la Meuse mais permettent une plus grande sécurité à la fois pour les consommateurs et les serveurs. Un changement radical dont il y a tout lieu de se réjouir, d'autant que d'un point de vue esthétique c'est une véritable réussite ! Pourtant, le PG/La Pointe se pose une question : pourquoi avoir truffé ce réaménagement de qualité de points d'éclairage tellement nombreux qu'ils confinent à l'indécence, surtout en cette période où notre société commence à s'imprégner de l'impératif d'aller vers davantage de sobriété énergétique ?

Laurent Bouvier  

       
(pour une meilleure visualisation des vues, vous pouvez agrandir les photos en faisant un clic gauche dessus)

jeudi 4 avril 2013

Givet : quel dommage de ne pas optimiser la bibliothèque municipale !

Depuis toujours, et surtout dans les petites villes, les bibliothèques municipales (BM) font ce qu’elles peuvent avec l’argent qu’on leur donne, le plus souvent sans que les usagers se plaignent. C’est le cas de celle de Givet, dont la directrice, Evelyne Devouge, vient de dresser un bilan dans l’Ardennais en date du 31 mars. Pourtant, son  interview m’a un peu laissé sur ma faim ! Elle y explique qu’elle achète des livres en deux exemplaires, que les vieux lecteurs partent et que les jeunes arrivent, que certains usagers lisent quinze livres par mois, d’autres dix, d’autres moins. On sait aussi par ailleurs que ce lieu de culture, situé dans un cadre superbe, abrite également des expositions itinérantes, réalise des mois thématiques, participe aux Journées du Patrimoine. Mais il y a de nombreuses autres choses que j’aimerais savoir ou qui m’intriguent.

Tout d’abord, le budget de la bibliothèque, publié par l’Observatoire de la lecture publique, montre que la BM de Givet a dépensé en 2009 pour ses acquisitions de documents 600 euros de moins que celle de Vouziers et autant que celle de Bogny-sur-Meuse. Quant aux dépenses de personnel, elles ont spectaculairement baissé en 2010. Dans ces conditions, on peut se demander si cet équipement est vraiment prioritaire pour la mairie et ce ne sont pas l’absence d’insatisfaction explicite et les contraintes budgétaires de plus en plus fortes qui sauraient justifier le manque d’ambition, d’autant que la lecture publique est une politique dotée d’un contenu social depuis sa mise en place en 1945 par un gouvernement issu de la Résistance. A Givet comme ailleurs, la médiathèque étant la seule structure culturelle quasiment gratuite et ouverte à tous les habitants de la commune, voire de la Pointe, il faudrait mettre en valeur ce service public, l’utiliser au maximum… et si on fait quelque chose, communiquer dessus, y compris sur internet.

Concernant le point essentiel, à savoir la fréquentation, les statistiques ministérielles donnent à l’échelle nationale en 2010, pour les bibliothèques de niveau 1 comme celle de Givet, un taux de lecteurs actifs (ayant emprunté au moins un document au cours de la dernière année) de 20 % sur l’ensemble de la population communale. A Givet, ce taux est bien inférieur puisque 350 personnes seulement fréquentent la salle de lecture sur l’année ! De là à dire que la médiathèque est sous-utilisée par les habitants, pour ne pas dire ignorée, il n’y a qu’un pas. Qu’en pense donc la directrice ? Et surtout qu’en pense Claude Wallendorff, qui pourrait d’ailleurs commencer par faire indiquer les horaires de la bibliothèque sur le site de la mairie ?

En 2011, les statistiques montrent que la bibliothèque a beaucoup désherbé : c’est évidemment nécessaire, mais, plutôt que de mettre les ouvrages au pilon, a-t-elle eu la bonne idée de les vendre pour un prix modique à la population lors d’une foire aux livres, ou de les céder à une association ? Il semblerait que non ! D’autre part, pour renouveler ses collections, d’ailleurs relativement importantes, la bibliothèque se contente-t-elle de prendre en compte la demande des lecteurs et/ou cherche-t-elle à l’infléchir ? Pour reprendre l’exemple donné par la bibliothécaire, les histoires de la collection Chair de Poule passionnent peut-être encore les adolescents, mais les éditions Bayard ont cessé de les publier en 2001, et il y a quand même eu du nouveau depuis lors en littérature jeunesse…

De même, cherche-t-on à séduire de nouveaux lecteurs au sein du public potentiel des Givetois ? Anticipe-t-on leurs besoins de façon à les attirer, puis à les conserver ? Les diplômés, les moins diplômés ? Et même les défavorisés ? Quant au public scolaire, dont parle la directrice, comment fait-on pour lui rendre la bibliothèque attractive ? Tire-t-on parti des sujets ardennais pour concevoir des expositions originales ? Avoir un fonds local, c’est bien, le mettre en valeur, c’est mieux ! J’imagine qu’on organise des matinées dédiées aux scolaires, primaires et maternelles. Mais avec quel contenu ? Organise-t-on des aides aux devoirs ? Des heures du conte pour les plus petits ? Quels sont les contacts avec la ludothèque récemment créée ?

Mais par-dessus tout, j’aimerais savoir si la médiathèque envisage d’aider les chômeurs à trouver un emploi. De nombreuses BM françaises et européennes essayent en ce moment de le faire, dans des villes moins touchées par la crise. Si ce n’est pas le cas, on pourrait donc créer un rayon emploi-concours-insertion professionnelle mis à jour en permanence, le faire connaître, assurer des formations au CV, à la lettre de motivation et aux outils informatiques. La bibliothèque pourrait même, comme l’a fait sa consoeur ardennaise de Signy-l’Abbaye, abriter dans ses locaux un service d’aide sociale avec lequel elle fonctionnerait en symbiose, en lieu de vie. C’est d’autant plus nécessaire qu’il n’existe pas de Pôle Emploi à Givet, où près du quart de la population est au chômage. A-t-on discuté de cette situation avec le maire ? Avec les responsables du centre l’Alliance ? Avec les gens du Point Multimédia ? Avec d’autres associations, notamment celles du Centre culturel où elle se trouve ?

La directrice met en avant ses liens avec la docte association Ardenne Wallonne : c’est parfait, mais ne pourrait-on lui demander, en échange des services que lui offre la bibliothèque, de mobiliser ses contacts belges ? En effet, pourquoi ne pas aller voir ce que l’on fait de l’autre côté de la frontière ? Il y a, à quelques lieues de Givet, des structures qui font des choses admirables avec peu d’argent. Je pense, entre autres, à la Bibliothèque Livre-Choix au sein du Foyer culturel de Doische, qui assure des animations imaginatives, telles que concours de nouvelles, défis-lectures, lectures de contes et comptines, relais-lecture dans les villages de l’entité, et bien d’autres choses encore. Le responsable est en attente de propositions françaises : a-t-on déjà pris contact avec lui ? Je sais bien qu’en France les structures administratives sont plus lourdes qu’en Belgique, et les tarifs différents. Mais je vois aussi que les réalisations transfrontalières ont le vent en poupe, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais voisin ; que les partenariats permettent de faire plus avec moins d’argent ; et surtout, surtout, je sais que Givet a un besoin urgent d’actions socio-culturelles efficaces pour aider sa population, et qu’il n’y en aura jamais assez…
B.S.